‹ La messeChapitre 146 sur 346 · Id., I, 347, n · texte numérisé non relu

Id., I, 347, n

Le premier autel daté d’origine franque est conservé à Minerve près de Saint-Pons (Hérault). Cette table sacrée n’est pas moins intéressante par la date qu’on y lit que par les nombreuses signatures de pèlerins dont elle est encore couverte. Prise dans une dalle de marbre blanc de im 43 sur om 68, elle est creusée d’une doucine peu profonde qui se retourne tout autour en manière d’encadrement. Sur la tranche, haute de om 1 5, on lit :

RVSTICVS ANN XXX -f- EPTVS. SVI FF.

C’est-à-dire :« Saint Rustique fit faire cet autel « dans la 30° année de son épiscopat. » La face antérieure où se trouve gravée cette inscription présente quatre trous, larges d’un cent., profonds de trois et creusés en cône. M. Le Blant pense que ces trous servaient aux viroles auxquelles on suspendait les guirlandes de fleurs, ce que nous avons essayé dans cette restauration. (Pl. XLIII.) Saint Fortunat 1 parle de floribus super altare; nous avons déjà cité, à cet égard, des témoignages très-anciens.

Au milieu de l’inscription on distingue une pièce de marbre marquée d’une croix et ajoutée après coup, c’est le tombeau où furent insérées des reliques, il y a quelques années. M. l’abbé Astruc, curé de Minerve, auquel nous devons de si excellents renseignements, nous dit qu’on possède le procès-verbal de cette cérémonie.

Sur la table, on ne compte pas moins de 93 légendes ; nous donnons sur notre planche le fac-similé de plusieurs ; M. Le Blant observe que la plupart de ces signatures se pressent et même se superposent vers la droite. La droite est la partie de l’autel la plus honorable, comme] le montre une lettre de saint Ambroise 2 et l’on sait l’idée funeste attachée au côté gauche où se relèguent les boucs et les pécheurs. C’était sans doute à droite qu’on lisait l’évangile 3 : « Le diacre, disent les us de Cîteaux, doit encenser d’abord le côté droit de l’autel, puis passer derrière pour encenser le côté gauche 4. »

Parmi ces légendes quelques-unes nous révèlent des noms anciens, Deusdet presbyter, qui paraît dès

1. L. VIII, cxi, ad domtiam Radegundem. — Nous l’avons supposé soutenu par des colonnes.

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