Bull, monum. 1868, p
AbbéPouGNET, lett. partie., nov. 1878.
M. l’abbé Ville, curé de Vaison, let. partie. 1879.
petites colonnes engagées, cannelées en spirale, complètent le motif du milieu. A droite et à gauche de deux calices sortent des tiges de pampre qui se retournent sur les faces latérales. La face postérieure a la même décoration, les pampres surgissent d’un calice central. Les calices sont ansés; les tiges ondulent gracieusement et les feuilles offrent un modelé excellent. Ces frises sont couronnées d'un chapelet de perles. La table creusée assez profondément porte encore des ornements sur sa moulure. — Les colonnes primitives qui la soutenaient ont disparu; les chapiteaux qu’on a mis aujourd’hui sont des amas informes de ciment ou de plâtre qui ne laissent paraître aucune moulure et ne permettent aucune critique.
L’autel de Saint-Quénin avait été enfoui dans les ruines de Vaison lorsque cette ville fut détruite par les Sarrazins au vme siècle. Elle fut découverte sous ces décombres en 1631 par Mgr de Suarés, évêque de Vaison, qui était versé dans l’archéologie. Après avoir fait reconstruire en partie l’église Saint-Quénin, ce pieux prélat consacra l’autel et l’y plaça. — M . Revoil 1 l’attribue au vic siècle. — Nous n’avons aucune donnée chronologique certaine à son égard, mais son style moins romain, le dessin inférieur de ses ornements nous engage à descendre son classement un peu au-dessous des monuments précédents ; rien ne s’oppose cependant, dans l’examen intrinsèque du marbre, à voir ici, comme la tradition nous l’indique, un autel contemporain de Saint-Quénin (f 578).
On aurait tort de croire que le luxe des autels provençaux dont on vient de montrer quelques spécimens s’étendit à toute la France ; les églises se trouvaient parfois dans l’état le plus lamentable, Sidoine Apollinaire (4304-488), évêque deClermont, nous dépeint cette tristesse en nous les montrant dégarnies de leurs portes, abandonnées, remplies de ronces et livrées aux bestiaux qui venaient paître jusqu’au pied des autels : (etiam herbosa viridantium altaria latera depasci.)
L’Afrique semble avoir joui à cette époque du même privilège que le midi de la France pour la beauté de ses autels; nous verrons, à l’occasion des ciboria, les belles et intéressantes découvertes qu’on y a faites et nous pouvons, dès maintenant, parler d’une