‹ La messeChapitre 160 sur 346 · Bull, de la Société des antiquaires, 4e trimestre · texte numérisé non relu

Bull, de la Société des antiquaires, 4e trimestre

gue les traces d’une épitaphe occupant huit lignes :

SECVND .

QVIN . IN

. ECVNDVS.

On y a découpé un chrisme inscrit dans un cercle, de telle sorte que les anciennes lettres ne subsistent que dans les parties réservées; il n’y a de retaillé que le fond du disque, la rainure qui dessine le périmètre extérieur du disque et au-dessous deux rosaces. Ce procédé de christianiser les marbres païens est tellement caractéristique des usages liturgiques de l’époque et il forme un trait si important dans l’histoire des autels que nous avons voulu donner un détail de ce curieux travail d’appropriation; on le trouvera gravé (pl. XXXVIII) d’après l’estampage qu’a eu la bonté de nous en fournir M. l’abbé Charrière, aumônier des Ursulines.

Les ouvriers chrétiens ont aussi ajouté sur la face latérale une grande croix pattée, dessinée par une ligne creuse. — Sur la face postérieure on voit un vase à deux anses duquel semblent sortir des plantes àtiges flexibles; — sur la plate-forme est pratiqué un trou pour les reliques de o™ 14 sur om 15 et om 08 de profondeur. — Ces trous existent souvent dans les cippes païens mais les chrétiens les utilisèrent pour y déposer les reliques. Je ne crois pas qu’il y ait de feuillure ; deux petits trous, à droite et à gauche, profonds de o™ 04 ont dû servir à fixer une dalle de couvercle.

Les orientaux ne semblent pas avoir employé un aussi grand nombre de marbres antiques que les latins pour des usages chrétiens ; soit qu’ils n’eussent pas autant de fragments sous la main, soit que le génie des architectes répugnât à ces emprunts, leurs monuments ont un caractère plus indépendant. Nous pouvons citer toutefois quelques marbres christianisés. Dans l’église patriarcale de Pitzounda en Abkhasie, qui fut fondée par Justinien, on remarque au milieu du chœur un cube de marbre formant autel qui peut être de provenance antique1. Dans l’église d’Arilje, en Servie, on voit un autel païen avec des figures d’Atys2.

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