Gams, Sériés episc. eccles. cathol
Le premier evêque de Torcello fut Paulus qui y transféra son siège d’Altino avec les reliques de saints, trésors, etc. Mauritius lui succéda en 635; Dandolo nous l’apprend : « Hic de firmitate ecclesiæ suæ et Torcello a Severino Papa, « cum consensu patriarchæ, in collaudatione populi, privi- « legium obtinuit. Hic etiam divina révéla tione sumpta, per « littora suæ diœcesis sub plurimorum sanctorum nominibus « plures construxit ecclesias. »
nation des monuments que nous venons d’examiner, il suffirait d’aller à Ravenne étudier les autels du vie siècle, qu’on y conserve, pour se persuader, d’après leur ressemblance avec les précédents, de l’identité de leur fonction. Dans une des quatre niches du baptistère de cette ville on voit un autel de ce genre qui provient de l’ancien Dôme 1 et qui fut trouvé à la démolition de l’autel moderne. C’est encore une imitation des cippes antiques. Au milieu, une arcade soutenue par deux colonnes cannelées de spirales, ornée d’oves à l’archivolte, d’une coquille au tympan, flanquée de deux pilastres corinthiens, surmonte la porte de la confession, dont les vantaux devaient s’ouvrir intérieurement. La frise du haut porte une croix au centre, accostée d’oiseaux qui becquetent des pampres, symbole eucharistique, ou des fleurs, image des joies célestes; dans les tympans triangulaires du dessous paraissent des palmiers chargés de dattes, emblème de la victoire remportée sur le monde par l’Eucharistie et de l’immortalité, fruit du sacrement.
Cet autel rappelle beaucoup par le style les ambons d’Agnellus dans le Dôme ; il est probable que tout ce mobilier de marbre date de la même époque (353-568). On y reconnaît la touche empâtée, sans effet, sobre de relief, que nous offre presque partout l’art des Goths 9. (PI. XXIX.)
Nous avons rapproché cet autel de celui qui subsiste au milieu de l’église de Classe ; c’est de même . une imitation des cippes antiques, on y retrouve les colonnes torses, la confession, la coquille au-dessus de la porte, il a seulement plus de simplicité; au lieu des pilastres cannelés, la porte n’a qu’une moulure d’encadrement. On a élargi l’autel en le surmontant d’une table de marbre et en lui donnant quatre colonnettes pour la soutenir ; les deux de devant sont modernes, les deux postérieures, plus hautes, lui sont étrangères. Toutes les faces du cippe moulurées prouvent, par cela même, qu’elles étaient destinées à la vue et que l’autel était isolé. On l’attribue à saint Maximianus (546). On pourra lire à notre article des confessions, les détails relatifs à ce monument. (PI. XXIX.)