‹ La messeChapitre 167 sur 346 · Ribuffi, Guida di Ravenna. (Ravenne, 1869, p · texte numérisé non relu

Ribuffi, Guida di Ravenna. (Ravenne, 1869, p

2. J ahr bûcher fur kunslwissenschaft berausgegeben von Dr a von Zalm. (Leipsig, 1868, Ier vol., p. x $5-)

Photog. de Ricci.

VIe SIÈCLE. — IMITATION DE CIPPES. — RAVENNE.

Cet autel, placé au milieu de l’église, ne devait pas être le seul, et je crois reconnaître celui de la tribune dans un fragment de marbre scellé au-dessus de la porte de la sacristie. Nous n’y voyons, il est vrai, que les parties supérieures, mais assez complètes pour nous permettre la restauration intégrale; nous avons encore la frise du haut, les pilastres cannelés d’angle, les palmes dans les tympans, l’arcade surbaissée ornée d’oves et supportée par deux demicolonnes cannelées en spirale ; on distingue encore le linteau de la porte de la confession surmonté d’une croix entre deux agneaux. La hauteur d’un autel est une mesure à peu près fixe, il nous a donc

suffi, dans la restauration que nous présentons (PL XXX), de compléter dans le bas les colonnes et les pilastres.

Nous croyons cet autel comme le précédent du vie siècle. La frise du haut rappelle dans les rinceaux tourmentés de son feuillage celle de Torcello que nous avons attribuée à cette époque. Une des cassettes trouvées à Grado1, et réputée du vic siècle, nous offre de même, sur son couvercle, deux agneaux accostant la croix. Le P. Garrucci 2 publie un marbre d’autel daté du Pape Vigile (538-555) et qui porte sur la tranche ce même motif de la croix et des deux agneaux :

-f IVBANTE DEO FVLGENTIVS BEATI MARTIRYS (sic) VICTORIS INXPI

Agneau. — — Agneau.

EPISCOPVS CORPORE NOMINE SVPERALTARE CONSTRUXIT.

Ce marbre est scellé dans la collégiale de Sainte- Marie à Otricoli sur la porte qui conduit à la sacristie ; il y fut transporté de la cathédrale, maintenant détruite, en 1 3 5 1 à l’époque de la translation de saint Victor à Sainte-Marie.

D’après ces divers renseignements, il nous paraît très-plausible d’adopter le classement du vie siècle pour le marbre de Classe.

Voici encore une imitation de cippe antique qui apparaît dans un monument des environs de Ravenne. Bagnacavallo possède dans son église de San-Pietro-in-Sylvis, située à un demi-mille au nord-ouest de ses murs, un autel de ce genre des plus curieux. Il occupe une niche au milieu de la nef de gauche, en face de la porte latérale, et servait de piédestal à une statue de saint Pierre. Formé d’un seul bloc de marbre blanc, de im 15 de hauteur, il est creusé intérieurement pour la chambre des reliques, garni aux angles de colonnes, et, de chaque côté de la porte de la confession, orné de palmiers, emblème des actions des justes, de la récompense et de la victoire des saints1. L’inspiration^des cippes antiques est telle-

1 . Mgr Barbier de Montault nous cite à ce propos les textes suivants : « Portantes palmas... bonis actibus occurramus obviam Christo. ( Bènédict . du dimanche des Rameaux.) ... Frondeant apud te opéra nostra justitiæ ramis. » (/«•)

’ « Et consequantur cum sanctis præmia et ante Deum appareant cum justitiæ palma et cum illo permaneant in gloria sempiterna. » (Ancienne form. de bénédict., voy. Archaologia, t. XXIV.)

ment sensible ici qu’on a copié jusqu’à l’attache inférieure du cartel des épigraphes païennes.

Au-dessus de la confession on remarque une petite arcade avec feuillure extérieure, sur l’usage de laquelle nous avons longtemps été incertain; l’autel de Joncels, dont nous parlerons au siècle suivant, en nous montrant un trou du môme genre, garni d’une feuillure et au-dessous l’indication : Hic reliquiœ sanctorum , nous a fourni un argument qui paraît décisif; on ne sauràit douter que cette place ne fût réservée à des reliques particulièrement vénérées, qu’on les déposait dans une capsule d’argent, laquelle s’encastrait dans la niche et s’emboîtait dans la feuillure encore visible.

Graziani3 prétend que cet autel se trouvait autrefois dans la crypte qui est des plus anciennes; il est probable, selon cet auteur, que l’église fut réduite en l’état actuel au ve ou vie siècle, comme le fait supposer son analogie avec plusieurs sanctuaires de Ravenne. On voit encore l’antique martyrium sous le maîtreautel. (PL XXXI.)

L’église Saint-Apollinaire de Ravenne, l’ancien Sanctus-Martinus-in-cœlo-aureo, conserve, parmi les monuments les plus intéressants de son origine, un autel qui mérite une attention spéciale. Il est situé

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