Stor. dell’arle, vi, p. 25, pl. CCCCXXII
3 . Notifie istoriche di S. Pietro-in-sylvis di Bagnacavallo, — édité et augmenté par Stelco Medonico. — Venise, 1772.
AUTELS
dans la dernière chapelle latérale de la nef de l’évangile ; formé d’un coffre de marbre plus large que profond il offre à peu près la figure des monuments précédents, et nous fournit un exemple très-curieux de confession. Les intervalles des pilastres d'angle sont remplis par des dalles de marbre vert, la porte de la confession couronnée d’un fronton est accompagnée de larges jambages qui ressemblent à des vantaux déployés. Sur le sol de la confession on voit une sorte de croix grecque formée par quatre trous carrés, reliés au centre par une cavité demi-sphérique. Les quatre premiers compartiments devaient être fermés par de petites dalles, comme l’attestent encore les feuillures qui les recevaient; c’était, sans aucun doute, des boîtes à reliques. Le milieu, creusé comme un bol, devait recevoir une capsule de métal, dont les bords recouvraient toute la partie carrée et la fixaient aux angles par des vis dont on reconnaît encore les attaches. Cette coupe me paraît avoir été destinée à contenir le pain consacré ; il est certain, d’après plusieurs textes de saint Optât, qu’on adorait quelquefois le corps du Seigneur dans les autels; ce Père, en parlant des autels, nous dit : « In quibus membra Christi portatasunt; ailleurs : Cujus illicper certa momenta corpus ei sanguis habitabat, et encore : Ubi corpus Christi habitabat1.» La bible syriaque (vie siècle), dans l’image delà communion des apôtres, suppose les hosties consacrées placées dans une coupe de la forme et de la dimension de la cavité que nous examinons2. La sainte Eucharistie n’aurait-elle pas eu ainsi une place très-convenable au centre d’une croix et entre les reliques des saints ?
Des rainures rejoignent deux des cases au chambranle. Le style de cet autel est trop semblable à celui de l’église de Saint-Apollinaire, qui remonte au vie siècle, pour que nous lui attribuions une autre origine. (PI. XXXII.)
Nous rapprochons de ce monument une pierre que j’ai relevée dans le palais de l’archevêché de Ravenne et qui présente la même disposition ; c’est évidemment la dalle de fond d’une confession, mais elle n’a jamais dû servir car un des bras de la croix grecque est tracé sans avoir été creusé et la pierre est encore fruste en certaines parties. D’après les attaches de vis, on comprend ici que la capsule sphérique se fixait