PRÉDICATION. — PRONE
Les discours adressés aux fidèles par les orateurs chrétiens furent appelés tour à tour tractatus, disputationes, doctrines, homiliœ du grec Opùiet qui équivalent aux sermons des Latins. Avant de commencer son discours, le prédicateur traçait le signe de la croix sur son front. En certains lieux il saluait et demandait la bénédiction à l’évêque. Ordinairement il énonçait dès le début de son discours le sujet qu’il allait traiter; cependant les Pères prêchaient quelquefois ex abrupto sur le texte qui se présentait à l’ouverture du livre ; c’est ce qui arrivait souvent à saint Augustin qui acceptait ce texte comme une inspiration divine. Ils avaient grand soin de ménager l’attention des fidèles; aussi ne dépassaient-ils jamais dans leurs discours l’espace d’une heure, limite de rigueur.
Bien qu’il ressorte de divers passages du Nouveau- Testament, que Notre-Seigneur et les apôtres prêchaient souvent debout, il est certain néanmoins que la posture classique et essentielle de celui qui enseigne avec autorité est d'être assis, et c’est ainsi que le Sauveur nous apparaît dans les circonstances solennelles. Dans les chapelles des catacombes et dans les basiliques primitives on remarque au fond de l’abside la chaire où s’asseyait l’évêque pour enseigner.
Les fidèles se tenaient debout. Saint Augustin donnait aux malades la permission de s’asseoir et blâmait sévèrement ceux qui le faisaient sans permission et sans motifs légitimes.
En général le plus grand silence était exigé et
observé pendant la prédication ; il était même interdit aux pauvres de le troubler en circulant dans l’église pour demander l'aumône. Cependant le peuple était dans l’usage d'interrompre quelquefois le prédicateur par de vives exclamations, qui étaient souvent accompagnées de bruyants applaudissements des mains et des pieds, on agitait en l’air des oraria ou des mouchoirs ou même des chlamydes. Mais les Pères réprouvèrent toujours ces sortes de manifestations transportées du théâtre.
Dès la naissance de l’Église, le dimanche fut un jour de réunion et de prédication, pour les fidèles. On prêchait encore aux jours de fêtes, à la consécration des basiliques, aux vigiles de certaines fêtes et tous les jours du Carême et de la semaine de Pâques.
L’Église fut toujours le lieu ordinaire de la prédication. Pendant les persécutions, on prêchait sur la chaire creusée dans le tuf au sein des cimetières et au fond de l’abside dans les basiliques.
La prédication s’appelle aujourd’hui le prône; selon certains auteurs ce mot dérive du grec pronaos qui signifie nef, parce que c’est dans cette partie de l’Église ; que se trouve ordinairement l’ambon. D’autres, et ceci nous paraît plus vraisemblable, trouvent son étymologie dans 1 e prœconium, proclamation, prédication, d’où, par contraction, on fait pronium, qui est l’origine du mot français prône.
Le concile de Trente, dans sa session xxive, enjoint à tous les prêtres qui ont charge d’âmes, d’expliquer souvent au milieu de la messe, quelque chose de ce qui y est lu.