VI8 SIÈCLE. — IMITATION DE CIPPES. — ENSERUNE
que nous étudions. La porte au-dessous de l’imposte, s’appelait feneslella, elle avait des volets ajourés, souvent d’or ou d’argent. La clef était un objet de dévotion ; les fidèles en fournissaient de nouvelles pour suspendre les anciennes à leur cou. Dans les villages italiens on voit encore des enfants qui portent à leur cou des clefs d’argent, souvenir traditionnel de cette antique dévotion i. L’ombilic, selon ce que nous dit M. de Rossi, ne serait autre chose que le volet de la confession.
Le P. Garrucci vient de publier un autel découvert, il y a peu d’années, à la basilique des Saints-Apôtres et qui mérite de prendre place auprès de ceux de Ravenne. C’est aussi un coffre de marbre, cantonné de pilastres et recouvert d’une table ornée d’une croix 2 qui comprenait tout le champ entre la moulure d’encadrement. Les pilastres de devant étaient seuls cannelés; dans le milieu de leur intervalle s’ouvrait la fenestella. Le fond de la confession était garni d’une dalle de marbre mobile, reposant dans une feuillure, et percée au centre d’un trou circulaire qui aidait à la soulever et qui laissait apercevoir le petit sépulcre. Ce sépulcre, où l’on constata la présence de cendres et d’ossements, était carré. Le style du monument le référé incontestablement à l’origine de l’Église c’està-dire au vie siècle. (PI. XXXVII.)
La France adopta, comme l’Italie, l’imitation des cippes antiques, toutefois il semble, d’après les monuments de ce genre, qu’elle nous offre, que la chambre des reliques pratiquée sous l’autel fut d’une forme différente.
Il existe dans le domaine de Régimont près de Capestang (Hérault), à l’entrée d’une cour de ferme, une pierre qui servit d’autel dans une chapelle trèsancienne posée à mi-côte du mont Enserune, laquelle est détruite. Un sagace archéologue, M. Noguier, conservateur du musée lapidaire de Béziers, l’avait signalée déjà en 1873 3, mais la trouvant adossée à un
1. De Rossi, Roma soit., ni, 426; voy. Confession de Saint-Pierre.