‹ La messeChapitre 19 sur 346 · Voyez de Broglie, L’Eglise et l'Empire romain , v · texte numérisé non relu

Voyez de Broglie, L’Eglise et l'Empire romain , v

trouve cité et écrit depuis le vu' siècle ; mais on ne saurait l’attribuer au saint Docteur. Au xne on le récitait tous le jours à prime dans la plupart des églises.

Symbole des Apôtres. — Voici le texte des trois premiers symboles qui se réduisent, en définitive, au symbole des apôtres et à celui de Constantinople complétant celui de Nicée.

i° Credo in Deum patrem omnipotentem, creatorem cœli et terræ. —

2° Et in Jesum Christum, filium ejus unicum, Dominum nostrum, —

3° Qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, —

4° Passus sub Pontio Pilato ; crucifixus, mortuus et sepultus, —

5° Descendit ad inferos ; tertia die resurrexit à mortuis, —

6° Ascendit ad cœlos, sedet ad dexteram Dei omnipotentis, —

7° Indè venturus est judicare vivos et mortuos. — 8° Credo in Spiritual Sanctum, —

.9° Sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, —

io° Remissionem peccatorum, —

1 1° Carnis resurrectionem, —

12° Et Vitam æternam.

Symbole de Nicée. — Voici le credo de Nicée :• i° Credo in unum Deum, patrem omnipotentem factorem visibilium omnium et invisibilium, —

2° Et in unum Dominum Jesum Christum filium Dei unigenitum ; et ex pâtre natum, Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero ; genitum non factum, consubstantialem Patri ; per quem omnia facta sunt, —

3° Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit, et incarnatus est et homo factus est, —

4° Et resurrexit tertia die, —

5° Et ascendit in cœlum, —

6° Et iterum venturus est judicare vivos et mortuos, —

7° Et in Spiritum Sanctum. —

Symbole de Nicée complété a Constantinople. — Les mots soulignés sont des adjonctions du Concile de Constantinople :

i° Credo in unum Deum patrem omnipotentem — 2° Factorem cœli et terræ, —

3° Visibilium omnium et invisibilium, —

4° Et in unum Dominum Jesum Christum, —

5° Filium Dei unigenitum, —

6° Et ex Pâtre natum ante omnia secula, —

7° Deum de Deo, —

8° Lumen de lumine, —

9° Deum verum de Deo vero, — io° Genitum, non factum, —

1 1° Consubstantialem Patri, —

12° Per quem omnia facta sunt, —

1 3° Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de cœlis, —

140 Et incarnatus est de Spiritu Sancto, —

1 5° Ex Maria Virgine, — i6° Et homo factus est, —

170 Crucifixus etiampro nobis sub Pontio Pilato, — 180 Passus et sepultus est, —

190 Et resurrexit tertià die secundum scripturas. — 20° Et ascendit in cœlum, —

2i° Sedet ad dexteram Patris , —

220 Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos, —

2 30 Cujus regni non eril finis, —

240 Et in Spiritum Sanctum. —

2 50 Dominum et vivificantem, —

26° Qui ex Pâtre Filioque procedit, —

270 Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur et conglorificatur , —

28° Qui loculus est per prophetas, —

290 Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam, —

30° Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum, —

31 0 Et exspecto resurrectionem mortuorum, —

3 20 Et vitam venturi sœculi. Amen. —

On n’a point récité le Symbole à la messe durant les cinq premiers siècles. Mais les erreurs des Macédoniens faisant quelques progrès, Timothée, évêque de Constantinople, ordonna, en 510, de réciter à toutes les assemblées le Syrrfbole où est expliqué l’article du Saint-Esprit, au. lieu qu’auparavant on ne le récitait en public que le Vendredi-Saint pendant l’instruction que l’évêque faisait à ceux qui devaient être baptisés. Sur la fin du viiic siècle et au commencement du ixe, la coutume de le chanter à la messe s’introduisit dans les églises de France et d’Allemagne, pour s’opposer à l’hérésie de Félix d’Urgel

qui voulait que Jésus-Christ ne fut que le fils adoptif de Dieu. On ne le disait pas à Rome au commencement du xie siècle ; à la prière de l’empereur saint Henry, en 1034, le pape Benoit VIII le fit chanter, ce qui a été continué jusqu’à présent.

Le prêtre fait le signe de la croix en prononçant ces dernières paroles : Etvitam, etc. Au ive siècle tous les chrétiens faisaient sur eux le signe de la croix en finissant la récitation du Symbole des apôtres.

On fléchit les genoux aux paroles : Et homo factus est. On attribue ce pieux usage à saint Louis, roi de

France, qui le fit établir après sa première croisade.

Les fidèles des premiers siècles aimaient faire graver sur leur tombe le Credo, témoignage de leur foi en la résurrection. M. de Hübner rapporte dans sa collection une inscription andalouse du vie siècle (n° 95), ainsi conçue :

Credo qüod Rcdemptor meus vivet et in novis-

SIMO DIE DE TERRA SUSSITABIT PELEM MEAM ET IN CAR¬ NE MEA NVDEBO DOMINUM. IuSTA FAMULA DeI VIX1T ANNOS PLUS MINUS L, RECESSIT IN PACE DIE VIII IDUS FEBRUARIAS.

OFFERTOIRE

Le prêtre lit l’Offertoire. — Oblation de l’hostie.

Suscipe, Sancte Pater omnipotens, æterne Deus, hanc immaculatam hostiam, quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus et negligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus ; sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis; ut mihi et iilis proficiat ad salutem in vitam æternam. Amen.

Après avoir mis le vin dans le calice, le prêtre y verse quelques gouttes d’eau, en disant :

Deus, qui humanæ substantiæ dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformâsti : da nobis, per hujus aquæ et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostræ fieri dignatus est particeps, Jésus Christus Pilius tuus Dominus noster ; Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritûs Sancti Deus, per omnia sæcula sæculorum. Amen.

Oblation du calice.

Offerimus tibi, Domine, calicem salutaris, tuam deprecantes clementiam, ut in conspectu divinæ majestatis tuæ pro nostrâ et totius mundi salute cum odore suavitatis ascendat. Amen.

In spiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te, Domine : et sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus.

Veni, Sanctificator omnipotens, æterne Deus ; et benedic hoc sacrificium tuo sancto nomini præparatum.

Aux fêtes solennelles, le prêtre bénit l’encens, en disant :

Per intercessionem beati Archangeli stantis a dextris altaris incensi, et omnium Electorum suorum, dignetur Dominus incensum istud benedicere, et in odorem suavitatis accipere : Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Sous ce nom latin oblcilio, on entend deux choses qui cependant doivent être distinguées : V offrande et l oblation. L offrande, offerenda, estla chose qu’on offre pour en faire une oblation et celle-ci est l’acte par lequel l'offrande est réellement offerte à Dieu, oblata. De peur de confusion, on dit en latin

oblatio populi, pour exprimer l’offrande et oblatio sacerdotis pour désigner l’oblation. D’après le sens que nous donnons à chacun de ces deux termes, il est aisé de voir que nous comprenons sous le nom d’offrande tout ce que le peuple présente au prêtre, soit pour le sacrifice, soit pour son entretien person-

OFFERTOIRE

nel et que sous le nom d'oblation, nous voulons parler de cette partie de la messe dans laquelle le prêtre offre au Seigneur le pain et le vin qui doivent être changés au corps et au sang de Jésus-Christ.

Il semble que certaines cérémonies de l’Offertoire aient été inspirées par des usages antiques. On trouve dans des bas-reliefs païens des représentations intéressantes à cet égard par les analogies qu’elles procurent.

Il y avait déjà chez les Romains des oblations de sacrifices comme on peut le voir sur le charmant petit bas-relief conservé au Louvre dont nous donnons ici un croquis.

Sous la loi nouvelle, la coutume de présenter des offrades date, pour ainsi parler, de sa promulgation.

On ignore quel est celui qui a institué le chant de l’Offertoire.

L’Offertoire est la prière que le prêtre récite immédiatement avant l’oblation, et que le chœur chante dès qu’il a dit Dominus vobiscum.

On l’appelle « Offertoire » parce qu’il devait être dit pendant que le peuple faisait son offrande. Cette offrande s’est faite en silence jusqu’au ive siècle. Mais au temps de saint Augustin on introduisit à Carthage l’usage de chanter quelqu’hymne tirée des psaumes pendant l’offrande et la communion du peuple; cet usage fut soutenu par ce saint docteur contre la critique d’un tribun nommé Hilarus et il se répandit dans toute l’Église latine. Le chœur qui le chante pendant que le prêtre offre à l’autel le pain et le vin, imite les enfants d’Aaron qui, pendant 1 oblation, faisaient retentir les trompettes en un chœur de musique, auquel le peuple joignait sa voix et ses prières.

On comprend facilement que dans les temps de

persécution, les offrandes des fidèles étant peu nombreuses il n’était pas nécessaire de remplir par un chant quelconque l’espace de temps qu’il fallait pour les présenter. Mais lorsque l’Église put enfin jouir de toute sa liberté, le nombre des fidèles qui offraient devint fort considérable et la réception de ces offrandes exigea un intervalle assez long. Cet offertoire se prolongeait jusqu’à l’instant où le célébrant se retournait pour dire orale fratres ; et aussitôt on chantait pour la dernière fois le verset principal qui servait d’antienne, en sorte que le tout fût terminé au moment où le célébrant commençait la Préface en chantant la conclusion de la Secrète.

Jusqu’au vic siècle, on avait montré beaucoup d’empressement à offrir des dons à l’autel, mais insensiblement la ferveur se refroidissait et les conciles furent obligés de rappeler l’obligation de l’offrande. Celui de Mâcon, en 515, régla sous peine d’anathème que chaque dimanche, les hommes d’abord, puis les femmes viendraient offrir du pain et du vin ; selon le deuxième ordre romain qui remonte au moins au vie siècle.

Le cardinal Mai (Vet. Script, nova collect., 214) publie une curieuse inscription relative aux offrandes de la basilique Saint-Paul 1 .

L'oblation s’est faite assez communément jusqu’au ixe siècle de la manière que l’ordre romain le décrit : « Pendant que le chœur chante l’Offertoire avec ses

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