AVERTISSEMENT
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photographies. Dans nos copies, nous nous sommes appliqués principalement aux époques primitives, et si nous descendons quelquefois au-dessous du xu' siècle, c’est pour suivre le courant d’une tradition originelle.
Outre les voyages et les recherches qu’a nécessités la formation d’un si vaste recueil, de nombreuses correspondances et des conseils érudits ont été nécessaires. Nous devons remercier ici les savants qui se sont empressés d’une main libérale de nous offrir les documents dont nous avions besoin ; il nous faut saluer d’une affectueuse reconnaissance, au milieu de beaucoup d’autres, les noms de MM. de Rossi, Stevenson, Messori, Galante, Prelini, en Italie ; Fernandez Guerra y Orbe, en Espagne; Le Blant, Barbier de Montault, Bargés, Basilewski, Noguier, en France ; Van Caloen, en Belgique; Wilson, Goldie, en Angleterre ; Kessel, Shône, Falk, en Allemagne; le prince Gagarine, en Russie; enfin, M. l’abbé Menu, chanoine capitulaire de Bourges, qui a bien voulu réviser notre manuscrit dans ses parties plus spécialement liturgiques afin de leur assurer toute l’exactitude désirable. Qu’ils acceptent notre tribut de gratitude pour leur collaboration dans l’édifice de liturgie monumentale que nous essayons d’élever.
Avant d’entrer dans les détails, il faut dans toute oeuvre un plan d’ensemble qui permette de les rattacher à l’ordonnance générale; c’est pour obéir à cette convenance que nous plaçons, aussitôt après le texte de la messe, une iconographie du saint sacrifice à toutes les époques. Dans cette suite d’images apparaîtra la messe des catacombes sous les voiles de la symbolique primitive, [la messe après le triomphe de l’Église, la messe carlovingienne dont les représentations se dégagent de tout symbolisme, enfin celles du moyen-âge, et toutes confirmeront l’unité de pensée du sacrifice institué au Calvaire.
Nous nous occuperons ensuite de l’autel, l’objet capital du saint sacrifice qui, sous des formes diverses, accuse à travers les siècles l’immortalité de sa fonction. Nous signalerons, comme pour la plupart des meubles liturgiques, son origine antique. Après les autels primitifs, simples tables domestiques, nous verrons les cippes transportés comme des trophées dans les temples chrétiens; du temps de Charlemagne, nous verrons les formes antiques se reproduire sur des marbres nouveaux, les autels se couvrir d’or et de pierreries, leur forme se modifier en s’allongeant, puis leur orientation intervertie les faire changer de face. Nous restituerons à beaucoup d’autels l’honneur de leur usage sacré longtemps méconnu et oublié.
Aux autels se rattacheront les rétables, les ciboria qui en font partie intégrante et les tabernacles eucharistiques. Les confessions gardiennes des reliques, qui en forment comme la racine sacrée, la chaire où s’assied le dépositaire de la parole de Dieu, 1 ’ambon, tribune sur laquelle on lit les saintes Écritures, les clôtures du choeur qui ont un si grand rôle dans l’histoire liturgique, seront successivement examinés. Nous étudierons enfin le chœur qui réunit ces divers monuments, et nous compléterons les trois premiers volumes par un tableau chronologique des sanctuaires primitifs. Pour mieux faire ressortir le principal monument de la messe, qui est l 'église elle-même, nous
essaierons de restaurer les édifices de Noie, sorte de cité basilicale, où se retrouvent dans leur origine même les anciens usages liturgiques.
Ici se terminera l’étude des monuments fixes pour faire place à celle des monuments eucharistiques, tels que les autels portatifs , calices, patènes, burettes, ciboires, pyxides, <&.
Le missel , les flambeaux, les lampes, couronnes votives , encensoirs, vêtements d’autels et voiles de chœur , deviendront ensuite les objets de nos recherches, &.
Nous étudierons plus tard les ornements sacerdotaux, aube, chasuble, étole , manipule, mitre, anneau , crosse, &.
Enfin, pour remplir le cadre que m’a tracé mon père et qui comprendra la plupart des documents recueillis par lui, j’espère former une histoire iconographique des saints de la messe, qui terminera ces études. Puissent ces premiers assistants du sacrifice chrétien, qui ont marqué leurs noms dans nos missels en caractères de sang, la Sainte- Vierge et saint Jean, ces deux fidèles témoins du sacrifice de la croix, saint Pierre, les apôtres, les premiers martyrs, les vierges et, dans leur chœur, Cécile qui brille d’un éclat si éblouissant, puissent ces fondateurs de la foi dans le monde m’assister dans ma tâche et la rendre efficace; puissent-ils bénir mes efforts, me donner le temps, les forces et la constance nécessaires, pendant qu’ils voient couronner déjà le pieux fondateur de cet ouvrage trop imparfaitement achevé !
Georges ROHAULT de FLEURY.