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Revoil, I, p. 7. — III, pl. XLVII

Rohault de Fleury, ‘Bull, de Cannes, 1868, Visite à l’ile de S.-Honorat.

AUTELS

L’église Sainte-Marthe de Tarascon possède un autel dans lequel, malgré l’état fruste auquel il est réduit, on découvre des ornements et un style fort anciens. Il est taillé'dans un seul bloc de pierre calcaire. La table et le socle sont réunies par cinq colonnes indépendantes l’une de l’autre; celles d’angles, octogonales, portent des croix sur leurs chapiteaux. La colonne centrale, si l’on en juge par le renflement du haut et du bas, parait avoir été garnie d’une base et d’un chapiteau. Une croix dans un cercle décore le champ de la table et d’autres croix sont creusées sous les colonnes octogonales. Sur la plateforme de la table on observe un sépulcre pour les reliques, trou carré de om 21 x °m l7 et °m °8 de profondeur. Une feuillure indique encore l’épaisseur du couvercle qui le fermait L

On ne peut, comme on a cherché à le faire, se prévaloir de l’histoire de l’église, pour établir l’âge 1 2 de ce monument qui lui est étranger. M. l’abbé Boudon, aujourd’hui curé doyen, le trouva dans la paroisse voisine de Lansac, renversé en dehors de l’église ; il le fit transporter dans la crypte de Sainte-Marthe où le frère Aifred l’a dessiné pour nous avec une obligeance qui n’est égalée que par son talent.

L’église de Lansac elle-même est moderne et ne peut nous offrir aucune donnée chronologique sur cette pierre que nous sommes obligé de juger intrinsèquement. — Plusieurs raisons militent en faveur de son ancienneté ; sa forme étroite et élancée, le peu de largeur de sa face supérieure et surtout la nature des croix qui nous rappellent celle du Ham, du pupitre de Sainte-Radégonde et de plusieurs édifices du vu0 siècle. Nous pensons donc nous trouver ici en présence d’un monument mérovingien 3. (PL LIV.)

Un autel pédiculé est mentionné dans la Vie de saint Wilfrid, 634-709 : « Strato autem in parte orientali ex quadris lapidibus pavimento, altare subnixu columnis loco congruo collocavit 4. »

Les réfugiés dans les basiliques avaient coutume de

1. Le trou des reliques est nommé par le Pontifical confession ou sépulcre : « Confessionem, id estsepulchrumaltaris « inquo reliquiæ sunt reponendæ. » La cassette qui contient les reliques est nommée vasculum. Le Pontifical appelle tablette la pierre qui clôt le sépulcre, « cæmentarii cum cæ- « mento benedicto firmant ipsam tabulant, seu lapidem « super sepulcrum ». (Note de Mgr Barbier de Montaidt.)

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