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Voy. Smith, Dict. of. christ, antiq., p

OFFERTOIRE

tour à tour dans un lieu destiné à cet usage, et appelé par les Grecs ga^ophylacium et par les Latins oblationarium. C’étaient des espèces d’armoires, probablement mobiles, ou une table, placées près du diaconicum où se recevait d’abord tout le pain et tout le vin offert par les hommes entre les mains du diacre, et par les femmes entre les mains de la diaconesse.

Après l’an mil, ce bel ordre de l’offrande va insensiblement disparaître.

On ne connaît plus d’églises où le peuple offre à la messe le pain et le vin de la consécration. La raison du changement vient de ce que les prêtres ont cru devoir offrir à l’autel des pains préparés avec plus de soin que ceux qui étaient offerts communément par le peuple, et de ce que les fidèles ont fait des dons considérables à l’Église, en chargeant les clercs de tout ce qui est nécessaire au service divin.

Le récit des trois évangélistes suppose évidemment que Notre-Seigneur se servit de pain azyme (sans levain) pour instituer la sainte Eucharistie. Cependant nous ne voyons pas que les apôtres aient donné à l’une de ces espèces de pain une préférence exclusive. En 693, au concile de Tolède, la prescription porte sur la forme du pain et non sur sa nature; il ne doit pas être pris au hasard parmi les pains communs et doit être fait exprès, et avec un soin tout particulier. Or, tout pain fait de fine fleur de farine réunit les conditions de netteté et de blancheur ( nitidus ), qu’il soit azyme ou levé.

Selon les Hébreux «hostie » vient de ostium , parce qu’elle était offerte à l’entrée du tabernacle ; selon les Gentils, de hostis, parce que le sacrifice était offert après la défaite de l’ennemi.

Selon sa signification directe, Y Hostie, hostia est la victime qui est offerte dans le sacrifice. En ce sens, c’est Jésus-Christ lui-même immolé sur la croix et rendu présent sur l’autel à la messe.

Ainsi, lorsque le pain a été consacré, c’est bien alors Y hostie ou la victime ; mais par anticipation ce nom est donné aussi au pain non consacré qui est réservé pour l’autel. Le vrai nom est celui d'Oblate ou oublie , oblata. Mais on s’en sert moins souvent que du premier. (Pascal, p. 654.)

Le pain eucharistique a été en outre appelé de diverses autres manières. Comme en général on lui a toujours donné une figure ronde, on le trouve sous le nom de Circulus, Rotula, Corona. Ce que nous disons ici ne se rapporte qu’au temps où 1 Église put enfin jouir de la paix, car au temps de persécutions,

les fidèles présentaient au célébrant des pains entièj rement semblables à ceux dont ils se nourrissaient, et une partie de ces pains, soigneusement choisie par le prêtre, était réservée pour la consécration.

Dès le ivc siècle, les pains étaient de figure ronde. Pour les faire plus petits, plus nets et plus commodes, on inventa des fers au ixe sièle. (Mabillon,De A^ymo.) Bien qu’ils fussent de petite dimension dès les premiers temps où l’usage s’en introduisit, on ne doit pas se les figurer ordinairement minces et déliés comme ceux qui se font de nos jours l. Ils avaient assez d’épaisseur pour qu’on put facilement les rompre pour la communion des fidèles, et il en était encore ainsi au xne siècle 2.

Pour porter la sainte communion aux malades, on rompait une hostie dont on prenait seulement une parcelle, et non une hostie entière.

Les pains d’autel étaient ronds partout, mais assez différents par leurs formes accessoires.

Les auteurs ne sont point d’accord sur la nature de l’hostie qui remplaça le pain dont on formait l’hostie dans la primitive Église. Le P. Sirmond se prononce pour le pain ordinaire encore employé par les Grecs ; le cardinal Bona incline vers la même opinion ; le P. Mabillon tient pour le pain azyme.

Plus d’incertitude au xie siècle; le pape saint Léon IX prend la défense des pains azymes comme traditionnels dans l’Église latine.

Le nom d 'offertoire est donné à une écharpe de soie que le diacre portait au cou et avec laquelle il enveloppait les anses du calice pour aider à le soutenir pendant que le prêtre faisait l’oblation.

L'Or do romain en fait mention aussi : Levât calicem archidiaconus de manu subdiaconi regionarii, et ponit eum super altare juxta oblatam pontificis a dextris involulis ansis cum offertorio; de même au passage suivant : Aqua etiam.... ab imo diaconorum.... cum offertorio serico. ( Just . monast. Cisterc. Cassandri liturgica, xxn.)

Le duc saint Guillaume donna à l’église de Gellone, en 812, des calices d’or et d’argent avec leurs offertoires.

On donnait aussi le nom d 'offertoire au grand plat

1 . La bible syriaque nous donne une représentation de la communion au VIe siècle, dans laquelle les hosties affectent la forme d'un petit disque.

2. Claude de Vert ( Dissert . sur les mots messe et communion.) — Le P. Sirmond, Disquisitio de asymo... Paris, 165 1 , p. 121, 122, 123. — Martigny, Dict.

de cuivre dans lequel étaient reçues les offrandes. Il n’est pas rare de trouver encore de ces grands plats dans plusieurs églises de campagnes et principalement dans les contrées méridionales. Ces offertoires ont conservé leur ancienne destination. On s’en sert pour la quête, et aux messes des morts et dans quelques fêtes patronales; c’est dans ce plat ou offerlorium que sont reçues les offrandes en pain, blé, farine, cire, fil, laine, etc., que les fidèles présentent pour l’église ou les membres du clergé. (Pascal.) Dans les trésors les plus riches nous en trouverons encore existants. On peut citer de très-anciens exemples de leur usage. Dans la vie de Benoît d’Aniane (801), il est question de grands calices d’argent, et d'offertoria d’argent. (Smith, 1443.)

L’histoire évangélique de l’institution de l’Eucharistie nous rapporte que Jésus-Christ, après avoir béni le pain, le rompit pour le distribuer à ses apôtres. Dans toutes les liturgies, nous retrouvons cette fraction et même le sacrifice de la messe en portait le nom, comme on peut s’en convaincre par ce passage des Actes des apôtres, où il est dit que les disciples du Seigneur s’assemblaient avec les fidèles pour rompre le pain. La fraction du pain eucharistique a toujours été pratiquée dans l’Église. Le premier ordre romain dit que le Pontife rompt l’hostie, rumpit oblatam, et laisse sur l’autel la partie qui a été rompue. Le deuxième ordre romain parle d’une fraction en trois parties : la première reste sur l’autel, la deuxième est mise dans le calice, la troisième sert pour la communion du prêtre, des ministres et des assistants. La première était réservée pour les malades, et si elle ne servait pas pour cela, elle était consommée par le prêtre ou un de ses ministres.

La liturgie romaine fait rompre en trois parts le pain eucharistique pendant la conclusion de la prière Libéra nos. Les deux plus grandes parts servent pour la communion du célébrant, et la troisième est mise dans le calice pendant que le prêtre, après avoir fait trois signes de croix en disant Pax Domini, récite ces paroles : Hæc commixlio.... Amen.

Le P. Lebrun dit qu’au xve siècle, selon le rit romain, on plaçait le calice à la droite de l’hostie, mais qu’en France et en Allemagne on mettait ordinairement l’hostie entre le calice et le prêtre. Aujourd’hui c’est la coutume universelle.

La coutume d’encenser l’offrande du pain et du vin qui doivent être consacrés, remonte au berceau de l’Église, du moins en Orient.

Le vin aussi bien que le pain est la matière du sacrifice. Le prêtre met de l’eau pour imiter Jésus- Christ qui, dans la dernière Pâque qu’il fit avec ses apôtres, consacra la coupe pascale dans laquelle, selon le rit des Juifs, il y avait du vin et de l’eau. Les Pères disent que l’usage de mêler de l’eau avec du vin est fondé sur la tradition universelle des Églises depuis Jésus-Christ, et ils déclarent que l’évêque ou le prêtre qui ne mettra que du vin dans le calice sera déposé comme un novateur qui ne suit pas l’ordre prescrit par les apôtres et qui n’exprime qu’imparfaitement le mystère du sacrifice.

Il ne met qu’un peu d’eau, parce que ce qu’on met dans le calice pour le consacrer doit être censé du vin. Les Chartreux se servent d’une petite cuillère pour n’y mettre que quelques gouttes d’eau. Le concile de Tibur tenu en 895 dit qu’il faut mettre deux fois plus de vin que d’eau, afin que la majesté du sang de Jésus-Christ y soit plus abondante que la fragilité du peuple représentée par l’eau.

Le mélange d’eau et de vin est de tradition apostolique et observé également par les Grecs et les Latins, excepté que les Latins mettent dans le calice de l’eau froide, tandis que les Grecs en mettent de la chaude.

In spiritu humilitatis.... Cette prière est dans le missel mozarabe, dans deux anciens missels d’Utrecht, l’un du ixe siècle, l’autre écrit peu après l’an 900, conservés à Liège et à Aix-la-Chapelle.... et dans tous les missels imprimés qu’on voit.

Invocation du Saint-Esprit : Veni sanctificator .

Cette prière a été tirée de l’ancien missel gallican ; elle se trouve dans le sixième ordre romain qui a été, au ixe siècle, à l’usage des églises de France, et elle était aussi dans le missel mozarabe des églises d’Espagne 1 .

I. Nous ne pouvons nous étendre ici autant que l’intérêt du sujet le demanderait ; le lecteur pourra donc se reporter, s’il veut plus longues explications sur les offrandes, aux ouvrages suivants :

Franc. deBerlendis : De oblationibus ad altare. — Traduit en italien, 1 743 •

J. -B. Thiers : Sainteté de l’offrande du pain et du vin aux messes des morts.

Muratori : Dissert, xvn, De votis volivisque chrislianormn oblationibus.

J. Mabillon : Observ. Ecoles., t. III, dissert. xiv.

Gabr. Albaspinus, Devet. Éccl. rit. observ.

Ed. Martène, De ant. Eccl. rit.

Pellicia : De christianæ Ecclesiæ politia.

Joach. Hildebrandus : Primilivæ Ecclesiæ offertorium pro defunctis, 1667.

Grancolas : Traité de la messe et de l’office divin, 1713.

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