Muratori, Spicil. Raven, hislonæ, I, u
dont le nombre était fort multiplié ; par exemple dans le monastère de Clinga, près de Spire, il y avait un autel dédié au Sauveur, un second aux apôtres, un troisième à la Sainte-Vierge, un quatrième à saint Jean-Baptiste, un cinquième à saint Brice et à d’autres saints l.
Nous lisons dans 1 eSpicilège d’Achéry le récit d’une intéressante consécration d’autels carlovingiens : « Consecratur ergo die eodem à beato Forannano « locuaet ecclesia et in eadem abeo sanctificantur tria « altaria, altare majus dedicatur in honore S. Trini- « tatis, beatæ Marias et duodecim apostolorum ; et in « dexterâ lævâqueecclesiæ duo : unum in honore beati « Joannis Evangelistæ et aliud in veneratione S. Marte tini atque S. Benedicti dedicatur. Altare vero quarte tum in domo comitis, videlicet turri ejusdem ec- « clesiæ 2. »
A Naples, dans l’église Saint-Jean-et-Saint-Paul, le maître-autel était accompagné de deux autels, l’un à droite, l’autre à gauche; leur orientation qui faisait regarder l’assemblée par le célébrant, nous autorise à les croire fort anciens ou du moins carlovingiens 3.
Saint Aldric, nommé évêque en 832, consacra la partie orientale delà cathédrale du Mans et y renferma dix autels : i°le maître-autel placé au milieu du chœur et couvert d’un baldaquin, 20 cinq autels dans un déambulatoire qui faisait le tour du chœur, 30 deux autres placés à droite et à gauche hors du chœur et sans doute dans les absides latérales, 40 enfin deux autels situés dans la crypte. L’année suivante il consacra la partie occidentale de l’église et y plaça quatre autels, deux au milieu et deux dans les basses nefs *.
Alphonse le Chaste, au commencement du xie siècle, construisit douze autels à Oviédo en l’honneur du collège apostolique.
A Saint-Gall, on comptait jusqu’à soixante-dix autels; le plan nous en montre, en effet, l’indication d’un grand nombre.
Cette multiplicité était devenue telle sous Charlemagne, que ce prince, dans ses capitulaires, fut obligé d’imposer une règle 5 à l’égard des autels; en 804, il défend « ut non superabundent in ecclesiâ ».