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Bull, nionum., VIII

M. l’abbé Cirot (Description de l'église de Saint-Seurin, p. 203) parle d’un pan de mur gallo-romain derrièrelabside, qui donnerait une grande antiquité à ces constructions. Il paraît croire que ce sanctuaire remonte à la fin du vne ou au commencement du vnie siècle.'

A Fitain, près de Laon, nous pouvons signaler un autel très-ancien dans le fond de l’église 2.

L’autel de la cathédrale de Mayence, dédié saint Martin, est pour la première fois mentionné au temps de saint Boniface vers 750 3. Malheureusement il n’existe plus, et nous ne rapportons qu’un souvenir historique.

A l’époque que nous explorons l’art tombait dans une barbarie de plus en plus profonde; l’autel que possède encore l’église Saint-Martin de Cividale nous en offre un témoignage trop certain; il était isolé, comme le prouvent les sculptures distribuées sur ses quatre faces.

Sur la face antérieure, Jésus-Christ, dans une auréole formée de feuillages, est enlevé au ciel par quatre anges, et assisté, dans l’auréole même, par deux autres anges. Les ailes de ces derniers sont couvertes d’yeux, ce qui, dans l’art du moyen -i indique ordinairement les chérubins. C’est le souvenir du psaume lxxix, f. 2 : Qui sedes super cherubim... Des étoiles semées dans le fond et la main de Dieu le Père qu’on aperçoit dans le haut semblent indiquer que le sujet est l’ascension de Notre-Seigneur. Sur la face postérieure, une armoire pour les saintes reliques s’ouvre entre deux croix gemmées. Cette armoire était fermée de volets, dont la feuillure indique encore l’existence. Un chrisme est sculpté au-dessous.

Sur la petite face à gauche est figurée la Visitation. (PI. LXII.) La Sainte-Vierge porte une croix sur le front. L’adoration des mages occupe la face de droite.

D’après une inscription aussi barbare que les sculptures, l’autel, probablement exécuté par les soins de Pemmone, duc de Frioul, aurait été consacré

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