Labarte, i
un autel de ce genre; cinq compartiments ornés de rosaces variées occupent la largeur et sont séparés par des champs décorés de petits cercles. Nous n’offrohs ici cet exemple qu’avec réserve; il est possible, en effet, que l’auteur de ce bas -relief ait eu en vue un devant d’autel de marbre. Les artistes carlovingiens déployaient aussi quelquefois un grand luxe sur cette matière, comme on peut le voir sur le riche antipendium conservé au musée d’Avignon L A Munich, dans une bible du ixe siècle, nous avons dessiné un autel dont le socle est enrichi de tables rentrantes en or 2.
L’abbé Angilbert avait voulu que sa nouvelle basilique se distinguât par la magnificence de ses autels ; il les avait couronnés de ciboria tout brillants de pierreries, les avait dotés de lectoria et de tout ce qui pouvait rehausser l’éclat du culte3.
Si l’on en croit la tradition, Charlemagne aurait légué à Besançon la fameuse table d’or de l’église Saint-Jean l’Évangéliste. Il ne nous en reste ni dessin, ni description, mais le nom du bas-relief sous lequel on le mentionne quelquefois porterait à croire que la face extérieure était décorée de pieuses images, analogues peut-être à celles de l’empereur Henri II ; elle avait cinq pieds de long sur trois de large et les documents relatifs à son aliénation nous apprennent qu’elle pesait dix-huit marcs six onces, une valeur actuelle de 1 5,761 fr. Après les désastres de la guerre de 1636- 1642 qui désola la Franche-Comté, les chanoines vendirent ce précieux objet dont les lames furent brisées4.