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Tarbé, Trésors des églises de Reims, in-40, Reims

Galette des Beaux-Arts, février, 1880 et février 1881.

M. Tarbé rapporte un inventaire du trésor de Notre-Dame de Reims fait en 1669, qui nous donne d’intéressants documents pour le sujet qui nous « occupe : « Au grand autel de la dicte église, il y a « trois tables, celle du côté du revestiaire (sacristie),

« garnie d’or, représentant quatre hystoires, la pre- « mière d’Abel et de Caïn, la seconde d’ Abraham, la « troisième de Jacob et la quatrième de Moyse « garnie de pierres, entre autres de trois grosses « agathes et quatorze onix (rubis) gravées et le reste « des pierres, grenats, cornalines et perles. Le sou- « bassement et bordures des costés, hault et bas, ne « sont que d’argent doré ; les deux coins de la bor- « dure d’en bas sont un peu usés. Samson, archevêque « de Reims, éleu en 1140 et mort en 1160, a faict « faire la dicte table avec ses ornements. »

« Au devant du dict autel il y a trois hystoires, dont « la première est de saint Nicaise, la seconde de « Notre-Dame, et la troisième de saint Remy, garnies « de cornalines, d’esmeraudes, de topazes, de sa- « phyrs et de deux onix. Au milieu de la dicte table « est un cristal de roche en ovalle sur lequel est « gravé un crucifix. Hincmar, archevêque de Reims, « a faict faire cette table, qui est d’or, sur laquelle « se lisent ces vers :

Hune proprio proprium fecit de marmore vultum Præsul, Hincmarus, cujus misereris Jésus,

Hic regis Caroli retinens oblata benigni.

« Le dict Hincmar fut éleu en 844 et mourut « l'an 862.

« La troisième table, du costé des fonts, est garnie « d’argent doré en pierres contrefaictes et y a huict « images d’archevesques et évesques de Reims l. »

M. Tarbé 2 nous parle encore de l’autel de saint Remi dans la même ville : « Le grand autel, en 1789, avait la forme d’une pyramide. Elle était formée de trois châsses posées les unes au-dessus des autres dans des arcades qui allaient en diminuant de largeur. A l’autel, on voyait une table d’or des plus précieuses; la tradition rapportait qu’elle avait été donnée par les archevêques Foulques et Hervé, morts, le premier en 900, le second en 922. Elle était ornée de figures en relief. Au milieu était celle du Christ assis sur son trône. Aux pieds, on voyait Foulques et Hervé prosternés en le regardant. On

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