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AUTELS
distinguait aussi celles de Charles le Simple, de Judith, fille de Charles le Chauve, d’Ansgarde, femme de Louis le Bègue. Les côtés de l’autel avaient été aussi couverts de tables d’or; il paraît qu’on les avait détruites avant le xvic siècle, car, en 1568, celles qu’on trouva aux côtés de l’autel et qu’on enleva n’étaient que d’argent représentants divers sujets.
« Au sommet du maître-autel était une grande croix couverte d’or, de rubis, de saphirs, de perles; elle contenait un morceau de la vraie croix et passait pour avoir été donnée par Hincmar et Hervé. Sur l’autel, on admirait un ciboire de vermeil et six chandeliers de cuivre rouge. Aux jours de fête, on y joignait une petite croix de vermeil, renfermant deux parcelles de la vraie croix.
« Il fut réparé en 1610 et restauré plus foncièrement en 1737. A cette dernière époque, on trouva dessous une boîte de bois cylindrique, garnie de plomb, et fermant à clef; elle renfermait les reliques mises sous l’autel par Léon IX, quand il la consacra en 1049. Près d’elles, sous un marbre, étaient celles placées par Hincmar lors de la consécration qu’il fit de ce même autel. C’est ce qui rappelait cette inscription que portait le marbre dont on vient de parler :
Hic sunt reliquiæ quæ inventæ sunt in primo altare
« Toutes ces modifications avaient, à ce qu’il paraît, respecté l’ancienne forme et les ornements de l’autel; on avait conservé jusqu’à la révolution la pyramide et la table de marbre qui formait la table du sacrifice. Ce marbre était blanc et passait pour ne jamais devenir humide ; la tradition le faisait venir d’Angleterre; elle invoquait à cet égard une inscription gravée sur les bords de la table et que voici :
De summa hac dignitatis ara, ferro bipertita, salutis mensa
Gentibus directa Nardalbingorum in Welena.
Cet autel était orné de statuettes, de colonnes et de candélabres. Il fut détruit en 1793. Aujourd'hui il est remplacé par celui qui se trouvait dans l’église des Minimes quand elle fut .supprimée. L’archevêque de Reims, l’abbé et quelques religieux de Saint-Remi pouvaient seuls dire la messe au grand autel. Les chanoines de la cathédrale avaient aussi ce privilège deux fois I an, à Pâques et aux Rogations.
L’empereur Arnould (f 899) donna au monastère de Saint-Emmeran ds Ratisbonne un autel soutenu par huit colonnettes d’or. Le ciborium recouvert de feuilles d’or avait son faîtage décoré d’une ceinture de pierres précieuses 1.
L’Orient, qui avait peut-être donné le goût de ces magnificences, ne les oubliait pas pour ses églises; Constantin Porphyrogénète, dans la Vie de l’empereur Basile (868 -J- 878), donne la description de la nouvelle église-basilique qu’il avait bâtie et dans laquelle était un autel d’une composition plus pré-
que
On sait que Charlemagne avait rendu à Rome lesdépouilles qu’il avait reprises dans son expédition contre les Huns; il contribua ainsi indirectement à l’ornementation des églises. Le livre pontifical est rempli au ixe siècle des descriptions des offrandes qui leur étaient faites. Léon III (795 f 816) renouvelle l’autel de Latran, l'enveloppe d’argent; il refait entièrement celui de Saint-Pierre : « Basilica Salvatoris D. N. « J. C. renovavit altare majus miræ magnitudinis, « decoratum ex argento purissimo, pens. lib. 69... « faciem vero sacri altaris ipsius apostolorum princi- « pis ab imo, usque ad summum cum luminaribus « inferius superiusque. »
Puis, celui de Saint- André : « Nec non et altare « majus sub absida construxit, ad decorem ipsius « sacri altaris investivit ex argento mundissimo, pens. « simul lib. 48. »
Pascal Ier (817 f 824) reconstruisit l’autel de Sainte-Marie-au-Transtevere, l’entoura de riches plaques d’argent et donna une meilleure disposition à ses abords. Il recouvrit l’autel de Sainte-Marie- Majeure de lames d’argent et celui du præsepium de bas-reliefs d’or.
Léon IV (847 f 855) rendit à l’autel de Saint- Pierre sa splendeur primitive; il entoura la confession de bas-reliefs d’argent, où l’on voyait le Sauveur assis sur un trône, la tête couronnée de pierreries, accompagnés de chérubins, d’apôtres et de saints. Il orna l’autel de lames de vermeil sur lesquelles on voyait figurés les miracles de saint Pierre et qui brillaient d’un éclat céleste : « Confessionem vero crebro dicti « altaris tabulis ex argento paratis purissimo simili