ORATE FRATRES, SECRÈTE
organisée et que pour l’offrande séparée du pain et du vin on a adopté le Suscipe, sancte Pater et le Offerimus tibi, on a voulu conserver celle : Suscipe sancta Trinitas qui a été placée après le Lavabo et avant Y Orale fr aires. Cela constitue donc une deuxième offrande collective du pain et du vin après les deux précédentes qui sont faites séparément.
La prière Suscipe, sancta Trinitas étant finie, le prêtre se retourne vers les assistants pour les inviter à prier. Le motif de cette nouvelle invitation à prier est venu de l’offrande qui durait longtemps et qui pouvait causer des distractions; le principal motif, qu’on aura toujours, est que, plus le moment du sacrifice approche, plus aussi la prière et le recueillement sont nécessaires.
Le prêtre se dispose à entrer dans le saint des saints et il prend congé des fidèles, qu’il ne verra plus jusqu’à ce qu’H ait consommé le sacrifice. Durant tout ce temps, il ne se tournera point vers le peuple, non pas même lorsqu’il dira : Dominus vobiscum.
La Secrète est l’oraison qui se dit à la messe avant la Préface. Le P. Lebrun et un grand nombre de liturgistes prétendent qu’elle est ainsi nommée parce qu’on la doit réciter secrètement, à voix basse. Bossuet, dans ses explications de la messe, dit que cette oraison est peut-être appelée ainsi : « Parce « que c’était la prière qu’on faisait après l’oblation,
« après qu’on en avait séparé d’avec le reste ce « qu’on en avait réservé pour le sacrifice ou après la « séparation des catéchumènes et après aussi que « le peuple qui s’était avancé vers le sanctuaire ou « vers l’autel pour y porter son oblation s’était retiré « à sa place. Ce qui fait que cette oraison appelée « Super oblala, dans quelques vieux sacramentaires, « est appelée Post Sécréta dans les autres. »
Cette oraison se récite à voix basse parce que le chœur, pendant ce temps, chantait de son côté l’antienne et le psaume de l’Offertoire sans interruption jusqu’au moment de la Préface.
Le prêtre récite les oraisons secrètes sans dire oremus , parce qu’il l’a dit au commencement de l'Offertoire, et que, selon l’ancien ordre romain, tout ce qui suivait avait rapport à cette prière appelée indifféremment dans les sacramentaires la Secrète ou l’Oraison sur les oblations.
Le prêtre élève la voix en disant à la fin : Per omnia sæcula sæculorum pour inviter l’assemblée à se joindre à lui et à lui répondre Amen.
Comme tous les sacramentaires ont marqué qu’on disait à haute voix ces mots : Per omnia.... aussi bien que la Préface et qu’en les notant en plain-chant on les a joints à ceux qui suivent, on s’est insensiblement accoutumé à les regarder comme le commencement de la Préface, quoi qu’ils soient certainement la conclusion de la Secrète.