PRÉFACE
Vere dignum et justum est, æquum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, æterne Deus : qui salutem humani generis in ligno crucis constituisti ; ut unde mors oriebatur, unde vita resurgeret ; et qui in ligno vincebat, in ligno quoque vinceretur, per Christum Dominum nostrum : per quem Majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes, tremunt Potestates; cœli, cœlorumque Virtutes ac beata Seraphim, sociâ exultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicentes :
Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt cœli et terra gloriâ tuâ, hosanna in excelsis. Benedictus qui venit in nomme Domim, hosanna in excelsis.
Dans les plus anciens sacramentaires le Canon commence par ces mots : Sursum corda. C est là ce qu’on appelle la Préface qui est une introduction
aux prières du Canon, qui est appelé par excellence la Prière. Cette invitation à élever les cœurs, et à rendre grâces à Dieu, se trouve dans toutes les litur-
gies des églises, ce qui doit faire conclure que la principale partie de la Préface est aussi ancienne que l’Église ; car, selon le principe de saint Augustin, ce qui se trouve si anciennement en usage dans toutes les églises, doit venir d’une source commune qui est la tradition apostolique
Les Grecs n’ont qu’une Préface; les Latins, depuis le yie siècle jusque vers la fin du xic, en ont eu de différentes, presque pour toutes les fêtes dans lesquelles on marquait en peu de mots le caractère du mystère ou de la fête ; mais vers l’an i ioo, toutes ces Préfaces furent réduites à dix dans la plupart des églises ; à la commune, qui se trouve dans tous les plus anciens sacramentaires, et à neuf autres marquées dans une lettre attribuée au pape Pélage, prédécesseur de saint Grégoire.
Le prêtre dit Dominus vobiscum, sans se retourner comme à l’ordinaire vers le peuple, cela se fait parce qu’autrefois, selon les anciennes liturgies de saint Jacques, de saint Basile, de saint Chrysostôme, on fermait les portes du sanctuaire et qu’on tirait les rideaux avant la Préface; de sorte que le prêtre, qui aux autres salutations se tourne vers le peuple pour le regarder, comme l’on fait quand on se salue, se se serait tourné ici inutilement, puisqu’il n’aurait eu devant lui que des rideaux et des portes.
Les mots cœli cœlorumque virlutes veulent dire tous les esprits bienheureux. L’Écriture-Sainte a nommé neuf chœurs d’anges qui ont été remarqués et distingués en trois hiérarchies par les Pères; et l’on peut voir dans Ézéchiel ces trois ordres ou ces trois hiérarchies, marquées par trois rangs de pierres précieuses, au milieu desquelles Lucifer avait été placé tout éclatant de lumière, mais comme l’Écriture ne nomme pas toujours ces neuf chœurs, l’Église ne les nomme pas en particulier.
Les deux sont tous les citoyens célestes. Les vertus des deux ce sont parmi ces bienheureux esprits, ceux qui exercent de plus grandes merveilles; et les séraphins sont ceux qui par leur amour excellent audessus de tous les autres et qui par là méritent spécialement d’être appelés bienheureux 2.
L hymne Sanctus est dans les plus anciennes liturgies de saint Jacques, saint Chrysostôme, saint