Le mot tabula, comme le prouve un canon du concile
AUTELS
cet autel que dans le sens de cette description. Ces éléments, mêlés à la composition du rétable du xic siècle, s’y trouvent comme perdus. Nous nous occuperons de les distinguer en parlant des rétables portatifs, mais disons tout de suite que les seules parties primitives nous semblent les vingt-sept petits tableaux d’émail qui forment frise sur les trois côtés du compartiment inférieur. Les onze premiers représentent des sujets tirés de la vie de Notre-Seigneur, six autres figurent des thuriféraires, enfin les dix derniers sont relatifs à la vie de saint Marc. Leur style, par sa finesse et sa merveilleuse délicatesse, tranche sur tous les émaux voisins et les range tout-à-fait à part ; je ne puis les comparer qu’aux beaux missels qu’on voit à la bibliothèque Marciana et qui sont généralement attribués au xc siècle. Les inscriptions latines qui les garnissent ne sont pas une difficulté et ne contredisent pas l’origine bysantine que prête Jean Diacre à la table d’autel. Ces émaux peuvent avoir été travaillés à Constantinople et avoir reçu en même temps des épigraphes latines qu’auraient envoyés dans les ateliers d’Orient les ordonnateurs vénitiens; de plus, M. Labarte observe avec raison que les orfèvres italiens ont pu les graver ensuite sur le fond d’or des plaques. Nous donnons ci-joint la disposition que prendraient les groupes d’émaux sur les tranches de l’autel. Comme au paliotto de Milan, les représentations de la vie du saint titulaire devaient se trouver à l’envers de la table qui présentait les scènes évangéliques sur le premier plan.
Dans le compte-rendu de la réunion générale de la Sorbonne à Nîmes (1877), il a été question d’un autel du ixe ou xe siècle fort singulier. Il se compose d’une pierre large de om 90, qui reposait sur quatre colonnes placées au bout des axes au lieu de l’être dans les angles, — disposition qui laisse supposer une rainure dans laquelle s’emboîtaient les cloisons de marbre de la confession. — Le dessus de la table est creusé selon l’usage ordinaire.
On conserve dans l’ancienne église San-Celso, à Milan, un autel que je crois pouvoir classer au x° siècle ; il est composé d’un large coffre de marbre orné aux angles de colonnes engagées, et ouvert en avant d’une fenestella grillagée ; c’est par là que les fidèles introduisaient les objets qu’ils voulaient faire toucher aux reliques de saint Celse. (PI. LXV.)
Sacropliaga du iv° siècle.
Vie de saint Marc.
Vie de N. S.
Un manuscrit du British Museum(Harl. 608) nous fournit plusieurs exemples d’autels, notamment celui du P 33, v°; nous y voyons un autel de forme carlovingienne, presque cubique, avec moulure supérieure, soubassement talusé. M. Wilson a eu la bonté de nous en donner un dessin.
de Mayence, peut aussi bien signifier le dessus de l’autel que le devant de l’autel : In itinere vero positis, si ecclesia defuerit, sub divo, seu tentoriis, si tabula altaris consecrata, cæteraque ministeria sacra ad id officium periinentia adsunt, missarum solemnia celebrari permittimus. ( Concilium Moguntiacense, ann. 888, c. ix, Du Cange.) — Voyez Labarte, III, 17.
Sur le dessus de la table on remarque une dalle moderne (B) qui ferme, dit-on, le trou pratiqué dans l’autel lorsqu’on voulut en enlever le corps du saint, et sous la table une petite voûte construite en briques. Cet autel relégué aujourd’hui dans un angle occupait, nous a-t-on dit, le milieu de la vieille église et le centre de la dernière travée avant la tribune. Audessus de l’endroit où il est placé, on lit deux inscriptions sur marbre noir qui nous fournissent quelques indications historiques ; l’une nous apprend que les reliques furent transférées au xe siècle et au xvie, et qu’en 1772, l’archevêque de Milan Pozzobonelli leur donna un nouvel asile.