‹ La messeChapitre 261 sur 346 · I. Giulini, Menorie di Milano , I · texte numérisé non relu

I. Giulini, Menorie di Milano , I

antiques qui proviennent des environs; sur les degrés on distingue une marque de potier avec le nom de Pomponius.

Nous sommes spécialement attirés vers ce sanctuaire par les deux prothèses qu’on y voit encore et dont nous devons le dessin à M. le marquis Eroli. Ces autels secondaires, très-rares maintenant en occident, méritent de fixer notre attention et nous engagent à entrer dans quelques explications sur leur fonction.

L’origine de la prothèse, en grec npoBeai;, en copie takaddemet, remonte au culte mosaïque et rappelle la table des pains de proposition. Bingham dit que dans beaucoup d’églises on y plaçait les offrandes du peuple en pain et en vin avant de les consacrer sur l'autel. Selon Suicer, la prothèse est un autel d’une moindre importance (altare minus), son nom dériverait précisément de l’usage de porter le pain avant la consécration ; en ce sens, il correspond au mot plus moderne de crédence. Cependant, Renaudot observe que l’expression allare minus n’est pas juste, puisqu’on n’y célébrait pas de sacrifice.

La plupart des auteurs admettent que la prothèse s’élevait à gauche de l’autel, mais ils diffèrent sur la question de savoir si c’était une partie du béma. Ce mot désigne souvent une sorte de sacristie où se préparaient les cérémonies, mais alors on prenait la partie pour le tout et la salle entière pour l’autel où se disposaient les saintes espèces.

Chez les Grecs, le célébrant et ses ministres partent du diaconicum qui est à droite et vont à la prothèse; là ils se lavent les mains, en disant le psaume Lavabo; puis le diacre prépare le pain dans la patène et met celle-ci à sa gauche, tandis qu’il place le calice vide à la droite de la patène. Le célébrant prend le pain de la main gauche, et de la droite tenant une lance avec laquelle il fait un signe de croix sur le pain, il l’enfonce dans ce pain en quatre endroits différents ; le diacre met du vin et de l’eau dans le calice après les avoir fait bénir par le célébrant. Après cette préparation, ils quittent la prothèse et vont à l’autel du sanctuaire ’.

Nos crédences de Visciano laissent supposer quelque cérémonie du même genre. Elles devaient aussi, en recevant les vases sacrés, donner plus d’éclat au service divin; un bas-relief de Monza représente une prothèse surchargée de richesses de l’église.

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