CANON
Teigitur, clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum suplîces rogamus ac petinrus, uti accepta habeas et benedicas htec dona, hsec munera, hcec sancta sacrificia illibata, in primis quæ tibi offerimus pro Ecclesiâ tuâ sanctâ catholicâ : quam pacificare, custodire, adunare, et regere digneris, toto orbe terrarum : unà cum famulo tuo Papâ N., et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis, atque catholicæ et apostolicæ fidei cultoribus.
Memento, Domine, famulorum, famularumque tuarum... et omnium circumstantium, quo-
rum tibi fides cognita est, et nota devotio, pro quibus tibi offerimus : vel qui tibi offerunt hoc
sacrificium laudis, pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suæ; tibique reddunt vota sua æterno Deo, vivo etvero.
Après avoir proclamé les louanges de Dieu, on fait un profond silence, pendant lequel on dit dévotement le Canon de la messe et on accomplit les saints mystères. Le Canon s’appelle ainsi parce qu il se compose des règles des Pères, lesquels ont institué quelques paroles mystiques dont la réunion s’appelle Canon en grec et Règle en latin; on donne au Canon le nom de Sacrifice.
La tradition nous apprend que Gélase, le cinquante-et-unième pape depuis saint Pierre, fut le premier qui mit en ordre le Canon.
Le Canon contient onze parties :
La première commence à Te igitur.
— deuxième
Memento Domine.
— troisième
Communicantes.
— quatrième
Hanc igitur.
— cinquième
Quam oblationem.
— sixième
Qui pridiè.
— septième
Simili modo.
— huitième
Undè et memores.
— neuvième
Supplices te rogamus.
— dixième
Memento.
— onzième
Nobis quoque.
D’autres disent
que
le Canon renferme douze
parties, d’autres seulement six, d’autres enfin qu il
n’en a que cinq.
C’est le pape Sirice qui y a ajouté les paroles : « Participant à une même communion et honorant « la mémoire. » (Durand, c. ii, p. 221, 243.)
Les anciens ont donné encore différents noms à cette partie de la messe, le légitime ( legitimum ), la
secrète ( secretum ),' l’action ( actionem ), la prière mystique ( mysticam precem).
Le sacrement est opéré par la parole du Christ : Prenez et mange •{.... La forme en est invariable dans tous les temps et dans toutes les liturgies; et les auteurs les plus graves l’ont toujours regardée comme étant de tradition apostolique. Cela veut dire que les prières de l’oblation du sacrifice, les oraisons, viennent des apôtres quant à la substance et qu’elles ne tardèrent pas à revêtir, sous leur inspiration presqu’immédiate, la forme définitive qu’elles ont toujours conservée depuis.
Afin qu’aucune erreur ne pût se glisser dans les copies du Canon, l’office de les revoir et de les corriger était dévolu aux archidiacres. Elles étaient toujours exécutées avec grand soin, en caractères élégants, et quelquefois même en caractères d’or ou d’argent.
Lorsque Jésus-Christ ordonna à ses apôtres de faire ce qu’il venait de faire lui-même en changeant le pain et le vin en son corps et en son sang, il leur traça, quoiqu’en très-peu de paroles, la règle qu’ils devaient suivre.
Le Canon était déjà écrit avant l’année 440; mais lorsqu’il a été écrit, c’est sur une tradition orale qui remontait jusqu’aux temps apostoliques. Dans les siècles de persécution, le secret des mystères était observé avec une si sévère précaution qu’on n’écrivait pas les formules sacramentelles; on conçoit, néanmoins, qu’il était facile de conserver bien fidèlement dès les premiers chrétiens, du moins quant au sens précis, la série assez courte des prières dont se compose le Canon.