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Labarte, I

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consacrée aux reliques. Isolées, sans effet d’ensemble, elles se trouvaient en grande partie cachées par la châsse appelée de la Mère de Dieu où l’on renfermait les plus considérables reliques de l’église. A quelle époque furent-elles dispersées, privées de leurs cadres, on ne peut le savoir; il est certain cependant que les cadres y figuraient encore au commencement du xvne siècle, car le chroniqueur d’Aix-la-Chapelle, Nopp, dit expressément : « L’autel est revêtu de « plaques d’or qui, d’après la tradition, ont été trou- « vées dans le tombeau de Charlemagne *. »

Le chroniqueur se fait l’écho ici d’une tradition fort ancienne dans la cathédrale, d’après laquelle ces basreliefs auraient été fondus avec l’or trouvé dans le tombeau de Charlemagne, lorsque Othon III le fit ouvrir en 1001 contre la volonté du peuple 2. D’autres documents plus récents et moins vraisemblables laisseraient croire que ces bas-reliefs auraient couvert le siège où était assis le corps de Charlemagne revêtu des insignes et vêtements impériaux 3. C’est un siège de marbre qui, en qualité de sedes regni, forma la plus ancienne chaire épiscopale dans le choeur du Dôme, au temps d’Othon Ier, couronné le 8 août 936 4. Depuis les Othons jusqu’à Ferdinand Ier, elle servit dans les couronnements des rois de Rome allemands, et c’est là que les princes allemands venaient rendre hommage à l’empereur. Un simple coup-d’œil jeté sur cette cathedra suffit à convaincre qu’elle ne reçut jamais aucune décoration de plaques d’or.

La tradition dont nous parlions est plus croyable en attribuant aux Othons, sinon l’origine du métal, du moins sa mise en oeuvre pour cette table, car l’orfèvrerie était très-florissante alors sur les bords du Rhin et d’un style conforme à celui-ci. Il existe dans la chapelle du trésor d’Aix un évangéliaire dont l’origine remonte positivement aux Othons et qui nous offre sur sa reliure des images tellement conformes à celles que nous étudions qu’on serait tenté de les confondre, et que la contemporanéité se trouve établie par le seul rapprochement.

Toutefois, nous devons dire que certaines parties

U Chronique d’Aix-la-Chapelle, p. 23.

Ces fragments attiraient peu l'attention; l’honneur d’en avoir découvert l’importance revient au docteur Olfers, directeur général des musées royaux de Berlin et conseiller privé.

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