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Siffredi, Rerum Germanorum scriptores, Ratisbonne

AUTELS

quatre vertus cardinales; des arabesques entremêlées de fleurs, de feuillages et d’animaux décorent le cadre de l’autel. Le long de la frise supérieure et du soubassement on lit cette inscription en magnifiques caractères du temps :

QUIS SICUT HEL FORTIS MEDICUS SOTER BENEDICTUS PROSPICE TERRIGENAS CLEMENS MEDIATOR USIAS

Cette inscription latine entremêlée de mots grecs et hébreux semble rappeler la consécration du monument ainsi que le vœu de saint Henri : « Qui est « comme Dieu, fort, médecin, sauveur? Benoît, « jette un regard clément, médiateur, sur les souf- « frances terrestres! » Prise mot à mot, cette inscription, ou du moins sa première partie, présente en outre un double sens et fait allusion directe au nom de chacun des personnages du monument : Quis sicut hel est en effet la traduction textuelle du nom de Michael; forlis se rapporte à Gabriel, dont le nom signifie littéralement « force de Dieu » ; medicus à Raphaël, médecin de Dieu; Soler et Benedictus représentent, l’un le Seigneur, l’autre saint Benoît. Il est évident que cette allusion était dans la pensée de l’auteur, car elle est trop apparente pour avoir pu passer inaperçue.

Toute la face antérieure de l’autel est en or fin; les figures, ornements d’architecture et autres ainsi que les légendes sont repoussés en relief; la grande inscription seule est gravée en creux et les lettres sont remplies en pâtes de couleur. La façade repose sur un fond de bois de om io d’épaisseur et le poids de l’or, difficile à apprécier sans démonter le monument, est au dire des chroniqueurs d’au moins 25 marcs. Il est aussi difficile, par le même motif, de donner une notion précise sur la valeur intrinsèque. De 1529 à U34) les écrivains bâlois qui parlent de l’autej d’or ne peuvent le faire que par souvenir ou par tradition, puisqu’il était enfoui dans les souterrains de la cathédrale et que la vue n’a pu leur en être permise; on ne saurait donc avoir une confiance absolue dans leurs dires. Wurstiesen, à la fin du xvie siècle, en donne une description dans la Chronique de Bâle et dans 1’ « Epitome historiœ basilensis » et il en porte la valeur intrinsèque à sept mille écus ou couronnes d’or. Le P. Sudan, l’auteur présumé de la « Basilea sacra » l, exprime la même

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