‹ La messeChapitre 277 sur 346 · AUTELS PÉDICULÉ. — (PÉROUSE · texte numérisé non relu

AUTELS PÉDICULÉ. — (PÉROUSE

surface six trous; 1 un d’eux, long de om 112, large de o'n 102, profond de om 100, et muni d’une feuillure de °ra !4> était destiné à recevoir les reliques, les autres, qui occupent les quatre angles et le centre, sont beaucoup moins creusés, seulement de om 34. Je ne doute pas, d’après cette circonstance et leur situation, qu’ils n’aient servi d’encastrement à de petites plaques de bronze ou de marbres de couleur portant des croix de consécration. Orsini1 prétend que ces trous sont les anciens foculi d’un autel païen, mais les caractères d’autel chrétien sont tellement évidents qu’on ne peut prêter à ce marbre une origine qui lui soit étrangère. L’église ayant été remaniée du xe au xi® siècle, j’attribue l’autel àcette époque. (PI. LXV 1 1 .)

M. le comte Giov.-Battista Rossi-Scotti, à l’obligeance et au talent duquel nous devons la communication de ce monument, a bien voulu nous donner aussi la primeur d’une curieuse découverte qu’il vient de faire. C’est l’autel d’une chapelle construite audessusdu fameux monument étrusque dit de S. Manno ; cet autel, que personne ne connaissait avant lui, est très-curieux malgré sa simplicité; il présente une large dalle supportée par un cippe cubique, en travertin, dont les deux arêtes antérieures portent des entailles curvilignes et qui est décoré au milieu d’une croix équilatérale. (PI. LXV II.)

Dans l’église Santa-Maria-in-Portico de Rome, où on vénère la célèbre madone connue sous ce vocable, il y avait un autel du xi° siècle; on lisait sur le devant cette inscription qui en fournissait la date et qui semble prouver qu’il était plein : « Ad honorem Domini Nostri Jesu Christi et Beatæ Mariœ Virginis Matris eiusdem Domini nostri, et omnium sanctorum, consecratum est hoc altare tempore Gregorii papæ septimi anno 1073, indictione undecima, mense Iulio, die octava. »

Sur la corniche on avait inscrit deux vers, lesquels commençant sur la face de gauche se prolongeaient sur le devant et finissaient sur le retour à droite. Les lettres étaient tracées en mosaïque, selon l’usage du temps :

HIC EST ILLA PIÆ GENETRICIS IMAGO MARIÆ QUÆ DISCUMBENTI GALLA PATUIT METUENTI.

Nous avons dessiné à Spolète, à Sainte-Lucie, chapelle de l’archevêché, un autel massif qui occupe l’ab-

1 . Dissertations suit' atilico tempio di Sant' Angelo situalovicino alla porta délia citlà di Perugia a cui da il nome Baldassare Orsini. Perugia, 1792, in-12.

side et que dom Gasperini a eu la bonté de nous signaler; on y remarque un trou pour les reliques, nonseulement sur la face postérieure, mais aussi en retour et non loin du bord. — Cet autel est isolé, et quand on y célébrait le prêtre devait regarder l’assistance.

Autel dans la chapelle de l’Archevêché & Spolète.

La France offre à nos recherches de nombreux autels massifs au xT siècle. — La Provence, surtout, est très-riche en ce genre. — A Saint-Martin-de- Londres (Hérault), on découvrit, il y a vingt-cinq ans, un autel très-intéressant, formé d’une grande pierre rectangulaire. Il est garni de trois cintres peu saillants que supportent quatre colonnettes cannelées en spirale. Nous avons rétabli les deux arcades d’angles qui existaient encore au moment de la découverte et qu’on coupa à cause de leur état détérioré; M. l’abbé Isard, curé de Saint-Martin, nous a assuré les avoir vues. — Cette pierre provient d’une carrière voisine appelée La Liquière. Elle prend avec le temps une belle teinte dorée. — Au-dessus de l’autel est un gradin orné de dents de scie, mais ce fragment ancien paraît avoir été placé là par des mains modernes. Cet autel remonte sans doute à l’origine de l’église, laquelle est mentionnée au xi° siècle dans un acte des archives de Saint-Guillem *.

A propos de cette église nous rappellerons un passage, d’une lettre de M. l’abbé Isard qui ne peut manquer d’intéresser nos lecteurs : « Je viens de faire une découverte qui peut-être vous sera utile. Dans

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