Lorrain, Hist. de l'abbaye de Cluny, in
personnages. La Sainte-Vierge est la première à droite, elle porte sur la tête une couronne à trois fleurons très-allongés; saint Pierre, qu’une clef sert à distinguer, vient ensuite. La troisième figure est simplement nimbée; à gauche, la première et la troisième, exactement semblables, tiennent un livre des deux mains, tandis que la seconde aies siennes libres.
Sur le dernier côté, il existait sept médaillons, dont cinq seulement sont conservés et dont les deux autres correspondent à la partie détruite. La figure du centre est du même type que les deux autres du Christ, mais le nimbe étant simple, il est probable que l’artiste n’a pas eu l’intention de donner ici la place d’honneur à celui qui l’occupe dans les autres panneaux. Celle qui vient après, à gauche, paraît dépourvue de nimbe. Les deux autres médaillons du même côté sont remplis, l’un par un griffon ailé, l’autre par un personnage, le seul en pied de tous ceux qui composent cette oeuvre ; il porte de longs vêtements, son corps est entrelacé dans des rinceaux; ni nimbe, ni ailes, ni attributs ne servent à préciser sa signification, il n’y faut voir qu’une fantaisie de l’artiste. Les deux médaillons.détruits étaient sans doute semblables à ceux dont je viens de parler et devaient, comme eux, avoir fourni un libre champ à l’imagination de l’artiste.
Cet autel n’aurait-il pas été consacré en 1096 par Urbain II, lorsqu’après le concile de Clermont il se rendit à Toulouse? Un document digne de foi porte en effet :« Papa Urbanus... consecravit Ecclesiam « S. Saturnini martyris Tolosæ episcopi et altare in « honorem ejusdem martyris gloriosissimi et S. As- « cissecli martyris posuitque maximam partem capitis « gloriosissimi Saturnini reliquiasque S. Ascissecli « martyris et aliorum sanctorum et reliquias S. Exu- « perii episcopi Tolosani ’. — La consécration d’un autel par un pape dut être un événement important, et cet autel, dédié au patron de l’église, dut devenir un objet de vénération telle que l’on ne peut supposer que dans le même temple un second autel ait reçu la même dédicace. Il n’est donc pas probable qu’il y ait eu dans la même basilique deux autels dédiés en l’honneur de saint Sernin, et s’il n’y en a qu’un, sa date est indiquée d’une façon positive par celle de la consécration de la basilique. — L’architecture de
analogie