BOTRUM VECTE FERUNT QUI CHRISTUM CUM CRUCE
QUERUNT.
« Au moment de la messe cet autel recevait encore divers ornements, entre autres la grande croix de saint Éloy. »
M. Hildebrand, directeur du musée de Stockholm, m’a prêté la photographie d’un autel en cuivre repoussé qu’on y conserve et qui provient de Stroddetorp en Wisigothie. On voit au centre le Christ dans une auréole en forme d’amande, comme à Città-di- Castello ; il bénit et tient un livre, on remarque dans les tympans des anges adorateurs; dans ceux de gauche l’annonciation — la nativité de Notre-Seigneur — l’adoration des mages, en deux tableaux — le massacre des Innocents — la fuite en Égypte ; — à droite le baiser de Judas — l’arrestation du Sauveur — le crucifiement — la déposition — les saintes femmes au tombeau — l’ascension L Au-dessus du Christ glorieux on a sculpté deux médaillons renfermant les allégories du jour et de la nuit sur des chars, sujets souvent figurés dans les crucifiements. Le bas de l’autel est occupé par six panneaux où sont rangés deux par deux les douze apôtres; ils tiennent des livres et sont assis. Ces panneaux sont séparés par des champs niellés ou garnis d’inscriptions et l’ensemble est entouré d’un cadre formé par une torsade et une frise de rinceaux qu’interrompent quatre médaillons aux angles.
N’oublions pas le gradin que ne reproduit pas notre gravure et qui surmonte l’autel, il lui est contemporain et ressemble à celui de Lisbjerg que nous examinerons tout à l'heure. Cet ouvrage en cuivre repoussé offre encore quelques parties dorées. Il doit être d’origine allemande 2 ; l’inscription qu’on lit dans le haut et qui mentionne des reliques des onze mille vierges semblerait le prouver, toutefois l’argument n’est pas décisif car ces reliques ne sont pas rares en Danemark. On trouverait une meilleure preuve de cette origine dans le germanisme de l’inscription du bas où le nom de Philippe est écrit par un PF. (PFILIPPS.)
1. L’Ascension a dû être déplacée et ne venir qu’après le panneau des trois Marie.