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Revoil, lArchêol. du Midi de la France

creuse en marbre blanc veiné qui repose sur un pilier carré enmarbre d’uneapparence de porphyre. Son chapiteau orné de feuilles à côtes porte en dessus un trou de 2 à 3 centimètres de large sur 1 2 centimètres de profondeur, destiné, sans doute, à recevoir un tenon. Ce pilier ne mesure que om 99 de haut, du tailloir jusqu’au sol ; le socle que nous avons rétabli manque tout à fait. (Pl. LXX.)

Ce pilier était toujours resté à l’entrée du presbytère et servait de banc ; la table se trouvait placée sur le seuil de l’église. Lorsque Mgr l’évêque d’Avignon voulut faire transporter cette dalle dans la métropole, le peuple protesta disant que c’était une dalle funéraire sous laquelle reposait un prêtre. Quelques années plus tard le curé l’enleva et la fixa dans le baptistère. M. l’abbé Gay, curé de Vénasque, a eu l’obligeance de nous donner quelques détails historiques qui peuvent éclairer son origine. « Lebaptistère doit être du vie siècle. L’archiviste de Vaucluse le fait remonter au ive ou ve, mais les historiens du Comtat s’accordent généralement pour dire qu’il fut construit par un évêque de Vénasque; d’un autre côté nous lisons dans la légende de saint Siffrein, le dernier évêque de Vénasque (530-57), qu’il fit construire dans cette ville trois églises, l’une en l’honneur de la Sainte-Trinité, la seconde en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie et la troisième à saint J ean-Baptiste. La première, reconstruite au xne siècle, est la paroisse actuelle. La seconde a été restaurée et reconstruite à diverses époques, toujours au même endroit, sur la rive droite de la Nesque. L’histoire de saint Siffrein suppose que la troisième est le baptistère actuel. »

Le style du chapiteau, s’il nous faut choisir entre les diverses dates que présente l’histoire, nous engage à rapprocher ce monument du xiic siècle.

Outre l’autel que nous avons décrit plus haut il y avait à Saint-Servais-de-Maëstricht un autel roman sur lequel on dressait des reliquaires. Il s’élevait sur trois marches au fond du chœur, et se composait de deux parties, la table pour le sacrifice et le massif ou partie en retraite sur laquelle posaient les cinq reliquaires. Six chandeliers en cuivre et en argent, les ornements pour le saint sacrifice, un grand crucifix, la grande châsse en cuivre doré et les quatres châsses plus petites disposées de chaque côté de la grande formaient l’ensemble de la décoration. — L’autel était en pierre jaune très-dure, la table du sacrifice

XIIe SIÈCLE. — AUTELS PÉDICULÉS.

était profilée ; une plinthe peu élevée terminait la base *.

Nous devons à M. Goldie le dessin d’un autel qu’il a relevé dans la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine,à Ripon (Yorkshire), qui date du xn" siècle; long de 2" 28 il se compose simplement d’une table chanfreinée reposant sur trois massifs de maçonnerie. — L’hôpital auquel attenait la chapelle fut fondé en 1139- (PI- LXXVI.)

A l’est de la cathédrale de Ratisbonne, le cloître, sur l’emplacement d’un autre plus ancien, a été construit au xne siècle. On y voit une chapelle dont le plan rappelle celui des chapelles primitives de Rome. Fondée en 1664 par l’évêque Hartwich pour lui servir de sépulture elle porta toujours le nom de Tous-les- Saints. Dans la tribune un autel est élevé sur quatre colonnes dont les chapiteaux ressemblent exactement à ceux du porche de Saint-Emmeran du xne siècle. Un pilier carré se dresse sous la table à l’endroit qui est creusé pour les reliques. Nous donnons une figure de ce monument d’après un dessin que M. le docteur Falk a eu la bonté de nous communiquer 2. (PI. LXXVII.)

L’autel de Brunswick offre un type curieux pour les autels de cette époque. Il est composé de cinq colonnes creuses en fonte de bronze, divisées chacune en trois pièces qui s’emboîtent l’une dans l’autre. La colonne centrale est plus grosse que les autres. Elles supportent une table d’une espèce de calcaire coquiller; un socle de marbre différent leur sert de base. On croit que les quatre colonnes renfermaient des reliques jusqu’au commencement du xm° siècle, époque à laquelle le duc Antoine Ulrich les donna aux moines de l’abbaye de Corvey. Les chapiteaux d’angles sont ornés d’aigles aux ailes étendues : une inscription gravée sur la colonne centrale nous fournit l’histoire de ce monument :

A. D. MCLXXXVIII DEDICATUM EST HOC ALTARE IN HONORE BEATÆ DEI GENETRICIS MARIE, AB ADELOGO VENERABILI EPISCOPO HILDESEMENSITI FUNDANTE AC PROMOVENTE ILLUSTRI DUCE HENRICO, FILIO FILIE LO- THARII IMPERATORIS, ET RELIGIOSISSIMA EIUS CON- SORTE MATHILDI, FILIA HENR'ICI SECUNDI REGIS ANGLO- RUM FILII MATHILDIS IMPERATRICIS ROMANORUM.

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