Forster, Monurn. d'architecture, t. II, p
On voit d’après ce document que l’autel fut érigé en 1188, c’est-à-dire avant la mort de la duchesse Mathilde; dans l’année 1223 Henri le Long reconnut cette donation de sa mère par une charte que nous possédons encore et dans laquelle nous lisons : « Notum esse volumus omnibus universis fîdelibus « tam presentibus quam futuris quod karissima mater « nostra Mechtildis felicis memorie, anglorum regis « filia, Ducissa Saxonie, pie devotionis spiritu inducta « obsequium domino prestare volens, altare sancte « Marie, quod est in medio chori beali Blasii ob salu- « tarem et piam anime eiûs et carorum suorum « memoriam instituit. »
La profonde vénération des fidèles pour les reliques que contenait cet autel et le respect qu’on portait a la mémoire de la duchesse Mathilde, le protégèrent pendant de longs siècles ; il resta dans le même sanctuaire jusqu’en 1686. A l’occasion d’une reconstruction Rodolphe-Auguste le fît transporter devant le tombeau de la donatrice; enfin, en 1707, le duc Antoine Ulrich le remit à sa place primitive; il resta jusqu’en 1813, époque où on le mit à celle qu’il occupe actuellement '.
Il existe à Brauweiler (Prusse) un autel appuyé d’un côté à la muraille et soutenu de l’autre par quatre colonnettes 1 2.
Le xne siècle est représenté à Rome pour l’histoire des autels par plusieurs monuments intéressants; c’est d’abord l’autel de Saint-Laurent-hors-les-Murs, lequel porte sur son ciborium, qui lui est conforme de style, la date de 1148; il est cantonné de colonnes en marbre blanc avec chapiteaux à volutes romanes, orné haut et bas de moulures et sur la face principale d’une large dalle de porphyre. (PI. LXXXII et CVII.)
L’autel de Saint-Jean-Porte- Latine est assez semblable; les chapiteaux sont à peu près les mêmes; malheureusement nous ne pouvons plus bien juger maintenant ce monument défiguré par des restaurations et remaniments ultérieurs. (PI. LXXXII.) Je n’hésite pas à rapporter son origine à la dédicace de 1 190.
Nous avons réuni sur la même planche la figure des deux autels précédents et d’un troisième que nous