Weerth, Monurn. d’art, pl. LI, n
AUTELS
avons mesuré dans la crypte des SS. Côme et Damien et dont le style s’en rapproche tout à fait. Ce dernier cependant est creux et renfermait autrefois les reliques des saints titulaires. La fenestella confessionis existe encore; d’après certaines attaches encore visibles à l’entour elle devait être pourvue d’une grille qui a disparu. Cet autel construit en pavona^etto très-richement veiné, est cantonné de quatre colonnes à chapiteaux simplement moulurés. On sait que le sol de la crypte est celui de l’anciennne église aussi on retrouve autour des fragments importants de dallage en mosaïque et une large plate-forme sur laquelle reposait la colonne du ciborium a. (PI. LXXXII.)
L’église rurale de San-Oreste, dans les environs de Narni, laquelle est connue sous le vocable de San- Silvestro, possède un autel fort curieux en marbre blanc, dont nous devons communication au marquis Eroli. Cet autel garni aux angles de quatre colonnes engagées, corinthiennes romanes, est orné de basreliefs de style carlovingien. Sur la face principale on voit deux branches de laurier sortant d’une souche centrale, au-dessous une série d’arcatures contenant une croix comme motif du milieu et alternativement des palmes et des sortes de fleurs de lis. En descendant encore nous trouvons une bande d’entrelacs, puis deux panneaux séparés par un pilastre central, dans lesquels sont figurés des entrelacs et une croix. Sur la face latérale, une frise de rubans entrelacés est ornée d’une grande rosace circonscrite à un losange d’où sortent également des torsades. Tout l’autel est couronné par un large cavet. (PI. LXVI.)
Nous venons de dire que les dalles dont se compose cet autel étaient du ixe siècle, cependant la mise en œuvre de ces fragments appartient à l’époque romane. On s’aperçoit en effet, facilement, que ces marbres ne sont pas entiers et qu’ils ont été coupés sans égard pour la symétrie primitive. Dans la partie supérieure la croix désigne évidemment l’arcade centrale qui correspond à la palme du dessus; au-dessous on voit aussi que le panneau d’entrelacs à gauche a été coupé ainsi que la base. Or, si nous mesurons, d’après les deux moitiés qui nous restent, les largeurs totales de ces fragments nous les trouvons égales.
On peut répéter cette remarque pour la face latérale; les entrelacs de la frise qui sont interrompus à