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COMMUNICANTES. — CONSÉCRATION

nients qui en résultaient que l’Église a voulu la mettre dans la bouche en donnant la communion.

La sixième partie commence par ces mots : Quipridie quam palerelur ajoutée par le pape Alexandre Ier.

Accepit panem. On lit que Melchisédech, le premier, célébra ce rit dans le sacrifice, en offrant le pain et le vin, car il était prêtre du Dieu très-haut.

Saint Luc nous a marqué distinctement deux coupes, l’une du commencement du repas légal, qui n’a point été consacrée, l’autre de la fin du repas, qui, selon le rit des Juifs, s’appelait la coupe de l’action de grâces, et c’est cette coupe qui est devenue la vraie coupe, le vrai calice eucharistique ou d’action de grâces.

Il y a des exemples dans tous les siècles qu’on a porté l’Eucharistie sous la seule espèce du pain aux malades et aux absents et qii’on l’a donnée aux enfants sous la seule espèce du vin. L’Église grecque conserve l’usage de ne pas consacrer aux fériés de Carême, et de ne communier ces jours-là que sous la seule espèce du pain consacré le dimanche précédent; selon le sacramentaire de saint Grégoire, dans 1 Église romaine, où l’on ne consacre pas non plus le Vendredi-Saint, les prêtres qui officient ce jour-là, ne communient que sous l’espèce du pain consacré le Jeudi-Saint.

Après que le prêtre a quitté le calice et dit : hæc quotiescumque, en faisant la génuflexion pour adorer le sang, il se lève, reprend le calice découvert, l’élève autant qu’il peut pour le faire voir et adorer au peuple, le remet avec révérence sur le corporal, le couvre de la pâlie et l’adore en faisant la génuflexion

On l’a élevé en divers endroits couvert du petit corporal plié qui a été en usage depuis cinq ou six siècles, et qui a été appelé la pâlie ou le volet. Mais on a pu craindre que les prêtres qui ne l’élèveraient pas avec assez de soin, ne fissent tomber la pâlie en l’élevant; à la chapelle du Pape et dans toutes les églises on l’élève découvert.

Jusqu’au xne siècle, le célébrant après avoir consacré le pain et le vin se contentait d’adorer le corps de Notre-Seigneur et poursuivait le saint sacrifice. Vers l’année 1046, Béranger, archidiacre d’Angers, ayant attaqué le dogme de la présence réelle, plusieurs prêtres en haine de cette hérésie, après avoir adoré Jésus-Christ comme nous venons de le dire, montraient aux fidèles l'hostie et le calice pour les engager à un pareil acte d’adoration. Selon le P . Lebrun, du temps même de saint Bruno (-}- 1 1 01 ), on faisait cette

élévation. Insensiblement la coutume a eu force de loi et aujourd’hui elle est universelle dans l’Église catholique. Rome emprunta ce rit à l’Église de France.

La coutume d’agiter une sonnette pendant l’Élévation est très-ancienne, mais nous ne la voyons pas dans les miniatures avant le xme siècle. L’ordre de Cîteaux ne fit un statut général de l’Élévation et du son de la cloche pendant la Consécration qu’en 1215. Alors, outre la grosse cloche qu’on faisait sonner pendant la Consécration à la messe conventuelle, pour avertir les absents, on avait déjà introduit en plusieurs endroits l’usage de sonner une petite cloche pendant l’Élévation à toutes les messes.

Dans l’Ancien-Testament, les lévites, au temps du sacrifice, sonnaient dans des trompettes d’argent, afin que ce son avertît le peuple qu’il se préparât à adorer le Seigneur. Pour la même raison, la sonnette est agitée quand le corps du Christ est porté aux malades.

Les motets qui se chantent pendant l’Élévation et qu’il serait préférable de chanter après : O salutaris hostia, ont été établis par les évêques de France à la demande de Louis XII, à cause des guerres qui troublèrent ce règne.

Si jusqu’au xne siècle l’Élévation qui accompagne la Consécration n’a pas été usitée, il n’en est pas de même de la seconde qui précède la récitation du Pater, mais il y a eu variation sur le moment où elle a lieu. Très-anciennement le prêtre élevait la sainte hostie et le calice en disant : Per ipsum et cum ipso et in ipso.

Quoique nous soyons peu informés des rites des premiers siècles, nous ne pouvons ignorer qu’on n ait adoré l’Eucharistie. Origène le suppose, lorsqu’il dit qu’il faut révérer les paroles de Jésus-Christ, comme l’Eucharistie, c’est-à-dire comme Jésus-Christ même. Saint Augustin exprime le même sentiment ; et toutes les églises grecques et latines ont toujours été persuadées qu’après la Consécration, les anges mêmes se tenaient autour de l’autel pour y adorer Jésus-Christ réellement présent.

Les Grecs ont exprimé cette vérité dans la plupart de leurs églises par des peintures où Jésus-Christ est représenté sous la forme d’un enfant dans le disque ou plat que nous appelons la patène. Le calice est placé à côté et non derrière l’hostie, cela s’observait de même autrefois dans l’Église latine, jusque vers la fin du xve siècle.

Dans les liturgies des Grecs, anciennes et nouvelles, on ne voit l’élévation de l’Eucharistie qu’un moment avant la Communion. Les anciens auteurs nous apprennent que cette cérémonie était fort solen¬

nelle. On ouvrait les portes saintes, on tirait les rideaux qui avaient caché le sanctuaire pendant tout le Canon et le prêtre présentait les saints mystères à l’adoration des fidèles.

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