UNDE ET MEMORES
Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri, tam beatæ Passionis, necnon et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosæ Ascensionis : offerimus præclaræ majestati tuæ de tuis donis ac datis, hostiam puram, hostiam sanctam, hostiam immaculatam, panem sanctum vitææternæ, et calicem salutis perpetuæ ;
Supra quæ propitio ac sereno vultu respicere digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tuijusti Abel, et sacrificium patriarchæ nostri Abrahæ, et quod tibi obtulit summus sacerdos tuus Melchisedech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
Supplices te rogamus, omnipotens Deus ; jubé hæc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime altare tuum, in conspectu divinæ majestatis tuæ ; ut quotquot ex hâc altaris participatione sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratiâ repleamur ; per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Memento etiam, Domine, famulorum famularumque tuorum qui nos præcesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis... Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas deprecamur; per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Le prêtre tient les bras élevés comme auparavant. Jusques vers la fin du xie siècle on ne voit pas que le prêtre ait fait quelques gestes particuliers en commençant cette prière. Quelques églises particulières dans un motif pieux eurent la dévotion de faire étendre les bras pour former avec le corps une espèce de croix ; mais Rome n’a jamais adopté cet usage.
Lorsque le prêtre dit : Supplices te rogamus il s’incline, les mains jointes et appuyées sur l’autel. A ces mots : ex hâc altaris participatione, il pose ses mains de chaque côté sur le corporal et baise l’autel. Lorsqu’il dit : Sacro sanctum il joint les mains, pose la gauche sur le corporal et fait avec la droite un signe de croix sur l’hostie en disant : corpus et un autre sur le calice en disant : sanguinem ; et il fait sur soi le signe de la croix en disant : Omni benedictione cœlesti.
On donne le nom de Commémoration ou bien celui
de Mémoire à cette partie de la messe. Elle se trouve dans celle de saint Jacques ou de Jérusalem.
L’usage de prier pour les morts que nous révèle chez les Hébreux cette belle parole du livre des Machabées : C’est une sainte et salutaire coutume de prier pour les morts, se retrouve non-seulement chez le peuple de Dieu, mais encore dans le paganisme, comme un dernier reflet d’une religion qui fut primitivement celle de tous les hommes, mais que leurs passions altérèrent et obscurcirent. Les philosophes partageaient les morts en trois classes, les saints, les imparfaits et les impies ; les âmes des premiers s’envolaient au ciel et n’avaient pas besoin de prières ; quant aux troisièmes, on les comblait de malédictions. Enfin les âmes de la plus grande partie des hommes, qui, à la pratique de leurs devoirs avaient mêlé ces faiblesses auxquelles on cède trop sou-