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Museo espanol, vol. VII, p

XIIIe SIÈCLE.

Nous n avons pas le dessein de poursuivre cette étude fort avant dans le moyen-âge, et nous devons la clore au moment du développement complet de la liturgie, c’est-à-dire au xme siècle; le siècle de Durand de Mende et de saint Thomas a tout réalisé et tout expliqué, tous les détails symboliques se montrent au grand jour ; de plus, les usages modernes commencent à paraître ; les autels, sur lesquels jadis personne n’aurait osé poser d’autre objet que le calice et l’évangile, vont recevoir les chandeliers. Des rétables d’abord mobiles, puis fixes, les surmonteront, dérobant aux fidèles la vue de l’évêque et de son trône au fond de l’abside ; enfin ils seront retournés en sens inverse. Ce sont ces changements dont il nous reste à rappeler rapidement les souvenirs d’après les monuments.

Sans renoncer aux riches parements d’or et d’argent, le xiii° siècle 1 semble cependant avoir préféré l’ornementation d’émail. Les ateliers de Limoges en durent fabriquer un grand nombre de cette sorte. Il nous reste un exemple illustre, en Espagne, de ce travail, l’autel devant lequel fut canonisé saint Dominique dans son monastère. Long de 2m 30, il est construit en bois et recouvert de plaques de bronze rapportées.

Au centre, le Sauveur assis dans une auréole elliptique bénit de la main droite et tient de la gauche un livre qu’il appuie sur son genou ; dans les angles de ce panneau central sont disposés les quatre attributs évangéliques. De chaque côté six apôtres sont figurés sous des arcades séparées par des colonnettes. Enfin dix arcatures à jour forment le soubassement général. Les têtes, colonnes, archivoltes supérieures sont en saillie, les vêtements en émail ; les nimbes sont variés de dessin 2.

1. Voyez par exemple l’autel de saint Marc de Venise qui paraît être du/xuie siècle.

Pasini, Sul frontale dell'altar maggiore di San Marco di Veneÿa. Venezia, 1881.

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