COMMUNION
un même sacrifice et qu’avec eux tous les fidèles y participaient.
Quant à la raison de ces usages, la parcelle réservée était mise dans le calice : i° en signe de communion avec ceux qu’il l’avaient envoyée; 2° pour joindre la consécration des jours précédents avec celle du jour même et marquer ainsi l’unité et la continuité du sacrifice ; 30 la particule réservée pouvait être mise dans le calice par une raison naturelle, c’est que les hosties étant autrefois plus épaisses qu’elles ne le sont à présent, cette parcelle pouvait être durcie et avoir besoin d’être humectée pour la prendre plus facilement.
On trouve trois manières de prendre le sang de Jésus-Christ. Les uns le prenaient dans le calice qu’ils approchaient de leur bouche pour y boire; c’était la manière usitée partout.
La deuxième manière était de tremper le pain consacré dans le sang et de le donner ainsi au peuple. Les Grecs la pratiquent encore présentement ; ils communient avec une cuillère, dans laquelle il y a du pain consacré avec le sang de Jésus-Christ. On l’observait assez communément en France dans le xie siècle.
La troisième manière était de communier avec un chalumeau d’or, qu’on trempait dans le calice et qu’on suçait par l’autre bout, cela se pratique encore à la messe du Pape, et au siècle dernier se faisait à Saint-Denis, en France, et en plusieurs autres églises.
Lorsqu’il y a des communiants, le prêtre ayant pris le précieux sang, avant qu’il se purifie, fait une génuflexion et met les particules consacrées dans le ciboire ou sur la patène.
C’est ici le temps propre de donner la Communion aux assistants qui veulent participer à la sainte table, et il y a plusieurs siècles que ceux qui ont fait des observations sur les rites ecclésiastiques ont recommandé avec soin de ne pas différer la communion après la messe.
L’usage de dire le Confiteor pendant la messe immédiatement avant de communier s’est introduit depuis environ cinq cents ans. Le prêtre, tourné vers ceux qui doivent communier, tenant de la main gauche le ciboire ou la patène, et de la main droite une des hosties qu’il élève un peu, dit : Ecce Agnus Dei... et après avoir dit trois fois Domine non sum dignus, il donne la Communion en disant : Corpus Domini....
La coutume de réciter ces paroles du centenier de l’Évangile, en ce moment solennel, est de la plus haute antiquité, puisque Origène (*j- 253) et saint Jean Chrysostôme (f 407) en parlent, et tous avec le changement obligé des mots puer meus en ceux d’ anima mea.
L’ancienne Église n’avait placé ici aucune oraison, parce que toutes les prières qui ont précédé la communion peuvent être une préparation suffisante pour communier. Mais la piété des prêtres envers la sainte Eucharistie avait fait introduire autrefois plusieurs oraisons, et l’Église en a choisi deux qui, depuis six à sept cents ans, ont été regardées comme venant d’une sainte tradition.
L’oraison Domine Jesu Christe Fili Dei vivi est dans la messe d’Illiricus vers l’an 900, dans celle de l’abbé Ratolde, dans le sacramentaire de Trêves au xe siècle, et dans le Micrologue vers 1090.
Une maxime fort recommandée et bien observée jusqu’au vic siècle était de n’adresser la prière qu’à Dieu le Père ; on priait le Père par le Fils, parce qu’il est l’unique médiateur de Dieu et des hommes.
Dans la suite, il a fallu appuyer une autre vérité que Jésus-Christ est Dieu, égal à son Père, contre les impressions que l’hérésie arienne pouvait avoir laissées dans plusieurs esprits. Voilà pourquoi ces oraisons qui n’ont que sept à huit cents ans d’antiquité s’adressent à Jésus-Christ.
La plupart des prières selon l’usage universel des six premiers siècles s’adressent à Dieu le Père avec cette conclusion : Per Christum Dominum nostrum.
Le prêtre prenant l'hostie la tient sur la patène, afin que s’il s’en détache quelques parties il puisse la mettre plus facilement sur le calice. En disant, Corpus Domini nostri, il fait le signe de la croix avec l’hostie, non-seulement parce que les chrétiens ont eu anciennement la coutume de faire un signe de croix en prenant quelque nourriture, mais principalement pour exprimer toujours d’une manière vive que ce saint corps qu’on prend est le corps même qui a été immolé sur la croix.
Le prêtre dit : Quid retribuam Domino, et en même temps, il découvre le calice, fait la génuflexion, ramasse avec la patène les fragments qui peuvent être restés sur le corporal pour les mettre dans le calice. On a toujours eu grand soin dans l’Église qu’aucune parcelle ne se perdit ou ne tombât à terre. Saint Cyrille de Jérusalem disait aux nouveaux baptisés qu’ils devaient plus craindre la perte de quelques-