Durand, Notes de Barthélémy, p
Le Pape récite les deux oraisons : Domine Jesu Christe Fili Dei vivi et Perceptio. Pendant ce temps, les patriarches ou archevêques assistants tiennent auprès du Pape un cierge allumé et le missel. Quand les oraisons sont terminées, le Pape prend de la main gauche une ou deux parcelles de l’hostie, celle qui est au côté droit et se frappe la poitrine en disant : Domine non sum dignus. Puis, faisant le signe de la croix, il se communie. Le cardinal diacre donne au Pape le chalumeau, et le pontife, le mettant dans le calice, boit une partie du précieux sang, aussitôt après, rompt en deux parts la parcelle qui reste, et en communie le diacre et le sous-diacre; puis le calice est reporté à l’autel pendant que le Pape, tous les assistants et la garde-noble se tiennent à genoux. Là, le diacre se communie, par le moyen du chalumeau sous les espèces du vin, et après lui le sousdiacre, mais celui-ci n’use point du chalumeau et purifie le calice. Le Pape prend une ablution dans le petit calice spécial que lui présente le cardinalévêque.
Tel est l'ordre de cette Communion qui nous reporte aux premiers siècles de l’Église, lorsque l’évêque, dans le presbyterium, célébrait les saints mystères. Nous devons observer cependant dans les rites qui accompagnaient la Communion, certaines différences assez notables avec ceux qui sont actuellement en usage.
Après la bénédiction de l’évêque, laquelle suivait immédiatement l’Oraison dominicale, le diacre appelait le peuple à la communion par ces paroles : Attendamus. Alors venait la fraction du pain eucharistique instituée par Jésus-Christ lui-même, et toujours retenue par l’Église, après la fraction, la mixtion.
A l’appel sancta sanctis; chacun venait recevoir l’Eucharistie dans l’ordre de son grade. L’évêque la prenait le premier, ensuite les prêtres, le reste du clergé et les ascètes ; puis venaient les femmes, les diaconesses d’abord, les vierges, les veuves et les enfants, enfin tout le peuple assistant au saint sacrifice. Du temps de saint Justin la consécration était faite par l’évêque, mais l'office de distribuer les pains consacrés appartenait aux diacres.
Les prêtres arméniens donnent l’espèce du pain trempée dans le sang; ils sont les seuls qui la trempent tout entière dans le calice et qui en prennent de petites parcelles avec les doigts pour les mettre dans la bouche des fidèles. Suivant les plus anciennes liturgies du monde chrétien, ou trempe du moins