Quod genus pisciculorum vivorum datur pro orainis
humanis. (Festus.)
ferme la statue du dieu, ressemble pour la tenue, pour l’attitude, à celui qui célèbre la messe dans nos temples. Beaucoup de ces rapprochements sont frappants, et quoiqu’il soit difficile de déterminer les rapports qui peuvent exister, on ne peut s’empêcher de voir dans ces rites antiques une annonce prophétique des nôtres et l’origine d’usages liturgiques que les premiers chrétiens nous ont transmis.
Laissons, sans y insister davantage, ces souvenirs trop incertains, pour étudier l’iconographie de la messe dans ce qu’elle nous offre d’historique, de réel et de monumental.
Les premiers sanctuaires chrétiens à Rome étaient certainement des chapelles domestiques qui furent témoins des messes apostoliques. Montons au Viminal, pénétrons au palais de Pudens, l’hôte de saint Pierre 1 ; nous n’y trouvons rien de changé en apparence, les fontaines n’ont pas interrompu leur murmure et jettent toujours dans les vasques de marbre leurs nappes argentées, des peintures mythologiques garnissent encore les parois des murs, les vestibules, les atria fourmillent comme ailleurs de la foule des clients, les esclaves se livrent à leurs travaux, les exèdres sont remplis des causeurs habituels, et retentissent de disputes philosophiques ; sur les bancs de Carrare, plus blancs que la neige, les lauriers jettent çà et là leurs ombres et leurs parfums; les platoniciens dissertent entre eux, les lits des triclinia vont bientôt être garnis de leurs convives. Le même luxe que dans les palais voisins répand partout ses splendeurs et la vie du nouveau chrétien n’apparaît nulle part au dehors. Un regard attentif remarquerait peut" être l’absence des statues des dieux enlevées de leurs piédestaux, s’il perçait le voile du laraire, il le trouverait vide de ses idoles; ces changements n’apparaissent qu’à un visiteur indiscret et cependant, si je puis parler de la sorte, l’âme même de cette demeure est changée ; traversons la partie abandonnée à la vie extérieure, fendons la foule qui inonde les portiques, visitons l’endroit le plus retiré, le plus secret, le plus silencieux; nous arrivons à la chapelle domestique. Frappons à la porte basse, incrustée d’ivoire qui ferme le sacrarium 2. Un jeune garçon, préposé à ce service nous ouvre, nous traversons une cour étroite, décorée de quelques colonnes, garnie intérieurement de chaque côté de la porte, de deux bassins d’eau