II" SIÈCLE. — CIMETIÈRE CALIXTE
qu'aussitôt après elle les invite à prendre le doux aliment du Sauveur des saints et à manger avec avidité Vr/Jü; qui sera posé entre leurs mains. L’épigramme d’Albercius n’est pas moins remarquable : « La foi me guide et me propose pour nourriture le « poisson tiré des eaux de la fontaine, le poisson « grand et pur qui fut pris par la chaste vierge et le « donna à manger aux amis leur mêlant d’excellent « vin avec leur pain. » N’est-ce pas la traduction de notre fresque qui nous montre le poisson et le pain ? Avant de prendre la Communion il faut la consécration et on voit que dans la fresque l’ordre des choses est exactement respecté. L’excessive simplicité de vêtements du prêtre était considérée par les anciens comme la marque des véritables philosophes, et à l’époque de notre peinture, un simple pallium était devenu le costume habituel du clergé chrétien. Aristide d’Athènes, après lui Tertullien, Héraclès, prêtre d’Alexandrie, Grégoire le Thaumaturge, d’autres encore avaient adopté le même costume. Tertullien le vante avec son éloquence et sa subtilité accoutumées dans son traité « De Pallio ». Saint Cyprien, postérieur à Tertullien d’environ cinquante ans, dénonce la jactance immodeste des philosophes païens qui se promènent par ostentation, la poitrine découverte, il leur oppose la modestie des prêtres chrétiens philosophes de cœur et non de costume; cette remarque indique un changement dans le vêtement habituel du clergé chrétien et détermine l’àge de la fresque ’.
De l’autre côté on aperçoit l’orante dans laquelle on peut facilement reconnaître la femme à qui Albercius fait allusion. Cette orante ici n’a aucune signification funéraire, elle figure dans un sens plus général l’Église, à la fois vierge et mère; c’est la nfon; (foi) d’Albercius personnifiée dans l’Église des croyants 1 2.
Les couleurs de cette fresque s’effacent sensiblement et sont presque méconnaissables, cependant le dessin apparaît encore sous les larges ombres d’ocre, qui rappellent la hardiesse du pinceau des grandes époques, dont le secret semble à jamais perdu et qui forme à elle seule un authentique irrécusable.
L’autel est le trépied dont on se servait dans les repas romains, qui devint la première table sacrée, il paraît de bois ou de bronze, d’après la ténuité de ses supports. Soit pour en dérober le sens aux spectateurs