‹ La messeChapitre 58 sur 346 · Rostan, Monuments iconographiques de Saint-Maximin · texte numérisé non relu

Rostan, Monuments iconographiques de Saint-Maximin

est sur le point de sacrifier son fils devant l’autel qui a la forme d’un cippe *.

Citons encore dans cette iconographie la patène de verre de Podgoritza du musée Basilewsky, une autre patène publiée dans le Bulletin archéologique de M. de Rossi; elles ne prêtent aucun trait nouveau à cette étude, mais nous prouvent que dans les vases sacrés cette scène était, à cette époque, l’image du sacrifice non sanglant de nos autels 1 2. On la retrouve jusque sur une cuiller publiée par le P. Garrucci et

Nous venons de dire que la messe réunissait à la fois la mémoire de la cène et du Calvaire et qu’elle en répétait pour nous les divins mystères ; je ne dois donc pas chercher seulement ses images dans les symboles des sacrifices, mais encore dans ceux des festins, si nombreux sur les monumentt chrétiens primitifs. Le repas de la mer de Tibériade est surtout considéré comme le repas eucharistique, car on n’y voit jamais que sept corbeilles, tandis que dans le miracle du désert il en était resté douze. Cette seconde multiplication opérée sur des pains de froment, qui sont l’élément du sacrement, figure essentiellement à la consécration eucharistique. Nous la rapprocherons donc d’un marbre où l’intention de l’artiste est clairement indiquée, c’est un sarcophage que nous avons dessiné à Saint-Trophime d’Arles, à l’époque de la restauration de l’église et que, d’après son style, nous ne saurions faire descendre au-dessous

qui provient de Sn Canciano 3.

Émail du xiï" siècle au Louvre.

du Ve siècle J. La face principale du tombeau est occupée par des arcades soutenues de colonnettes et comprenant des sujets évangéliques dans chaque compartiment. A l’extrémité de gauche, on voit l’image de la multiplication des pains; imberbe, pourvu d’une large chevelure dont les boucles lui retombent sur les épaules, drapé de la toge romaine, le Christ étend la main droite sur une corbeille de pains qu’on lui présente. Cette imposition est l’acte même de la consécration et ce qui rend tout à fait présente, devant ce bas-relief, la pensée du saint sacrifice, c’est l’autel et le poisson figuré dessus, dans une large patène.

Le témoignage des Pères et des écrivains ecclésiastiques qui ont commenté cette multiplication des pains la rapportent exclusivement à l’Eucharistie et ils en tirent la conclusion de la présence de \'iy%ç divin en cette circonstance. Aussi, comme nous aurons occasion de le voir par la suite, les plus anciennes représentations de la cène introduisent toujours le poisson sur le plat offert aux disciples. Ici, dans notre marbre de la cathédrale d’Arles, le sculpteur pour mieux montrer son dessein et accuser plus franchement la réalité sous le symbole, a mis le poisson sur un autel, ce que nous ne voyons nulle part ailleurs. De plus, cet autel ressemble aux cippes christianisés des premiers temps. Nous avons gravé cette sculpture et on conviendra que cet autel élevé sous l’arcade du sarcophage, comme sous un ciborium, placé devant le consécrateur assisté d’un servant, reproduit aussi explicitement qu’on peut le demander à l’école symbolique,, une image du saint sacrifice. Nous croyons inutile d’insister sur ce rapprochement où les monuments confirmeraient, s’il en était besoin, la doctrine des Pères. Les images de la multiplication des pains sont innombrables et celle que nous donnons reçoit de la présence de l’autel une certitude trop claire pour qu’il soit opportun d’en citer d’autres exemples. (PI. I.)

1. Weerth, ^Monuments d'art du moyen dge chrétien dans les provinces rhénanes. Leipsig, 1857, texte in-40, atlas in-folio, pl. LU, coffret de bois.

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