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SIGNE DE LA CROIX

le signe de la croix se traçait ainsi, car Théodose le fit à son fils avant de partir pour la guerre contre Arboast, sur le front avec le pouce. On ne sait pas au juste l’époque où fut introduit l’usage de le faire, suivant la forme aujourd’hui vulgaire; mais il ne parait pas probable qu’elle se soit produite avant le vme siècle.

On en faisait sur différents objets, une fois ou trois fois. « Il fit trois fois avec son doigt le signe de la croix sur le calice » (Chrysost., hom. ad pop. Antioch., xl.) — (Sophron., inprat. spirit.)

Saint Jérôme écrivait à Eustochie (ép. xxix) : « Note le signe du Christ sur ton cœur, sur ta « bouche et sur ton front. »

Les monuments rappelant le signe de la croix ne nous font pas défaut ; une tuile trouvée dans la villa Spithover à Rome, une autre dans les hypogées de San-Martino-ai-Monti, une troisième trouvée à Ostie en 1804, porte l’antique formule : In nomine Dei. Celle de la villa Spithover, précédée d’une croix, est particulièrement remarquable, M. de Rossi l’attribue au v° ou vie siècle.

Une inscription antique trouvée à Khenchela (Mascula) en Algérie, donne une formule du signe de la croix. (A rch, des missions scient., 1875, p. 453.) Cette formule se trouve sur un pavé en mosaïque découvert aux environs de Thamugas à Chemorra, dans les ruines d’une basilique chrétienne. (Voy. Renier, n° 1 568.)

Nous conservons l’image de figures portant ce signe de la croix au front, sur un verre doré, sur une ancienne fresque publiée par le commandeur de Rossi. Des croix de ce genre continuèrent à Extrait du Buii. d’Arch. i86s, Pi. m. distinguer certaines figures au moyen-âge. — Une madone, sur la façade de San -Paolo-a- Ripa de Pise, la fameuse madone du Port à Ravenne, ont des croix non-seulement sur le front, mais sur les mains et les genoux. — Nous aurons aussi sujet d’étudier les autels crucifères qui rappelaient, par leurs croix aux angles et au centre, le souvenir des onctions de leur consécration.

En 402, avant la bataille de Pollentia où Alaric fut

défait, chaque légionnaire chrétien traça le signe de la croix sur son front L

Pour multiplier le vin d’un flacon et donner à boire aux pauvres, saint Éloi (659) fait le signe de la croix sur ses bords. Il guérit de même un boiteux dans l’église de Saint-Germain en le plaçant près de la grille du tombeau de ce saint.

Un aveugle s’écriait : « Seigneur Éloi, ayez pitié de moi ; faites le signe de la croix sur mes yeux. — Est-ce donc, mon ami, que vous ne sauriez pas vous signer vous-même ? — Seigneur, que ce soit vous qui me signiez. » Éloi voyant la foi de cet homme, imprima sur ses yeux le signe de la croix, et ses yeux s’ouvrirent.

Un jour, ayant fait le signe de la croix sur la coupe qu’on lui apporta, il but un peu de vin pour faire plaisir à son hôte.

Saint Hervé l’aveugle, sous les premiers Mérovingiens, avait composé un chant dont les Bretons modernes ont conservé le souvenir. Il commençait ainsi : « Quand vous vous éveillez dans votre lit, « offrez votre cœur au bon Dieu, faites le signe de la « croix et dites avec foi, espérance et amour; dites : « Mon Dieu, je vous donne mon cœur.... » ( Les Moines d! Occident, t. II, p. 283.)

Une nuit que saint Gall pêchait dans le lac, il entendit un dialogue entre les démons qui s’excitaient à le chasser de ce rivage ; alors le Saint fit le signe de la croix et leur dit : « Au nom de Jésus-Christ je vous ordonne de vider ces lieux sans oser nuire à qui que ce soit. » ( Moines d'Occident, t. II, p. 447.)

Parmi les reproches que faisait Agrestin au monastère de Luxeuil et à la règle de saint Colomban, il comptait l’usage des moines de faire en mangeant le signe de la croix sur leurs cuillers. ( Id p. 496.)

Lorsque Sigisbert fonda le monastère de Dissentis près de la source du Rhin, un des habitants encore idolâtres, au moment où il voulait abattre leur chêne sacré, veut lui décharger sa cognée sur la tête; un signe de croix le désarme. (Id., t. II, p. 483.)

A Évora (Portugal, in ædibus Resendianis) dans un jardin on lit cette inscription qui doit dater du vme siècle.

Flecte genu, en signum per quod vis victa tirani Antiqui, atque Erebi concidit imperium.

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