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Bulletin d'Archêol. chrét

2. Moran, Essays on the origine Èarly irish Church. Dublin, 1864.

tient des prières conformes aux nôtres, le Canon même de la messe romaine, depuis le commencement jusqu’à l’Agnus Dei; — l’antiphonaire du du monastère de Bangor, et surtout un traité d’exposition de la foi conservé dans le Leabhar Breac *, où I on voit expliqués jusqu’à l’histoire et aux symboles des couleurs liturgiques sur les vêtements; — la collection du Canon irlandais, en 700, où nous voyons décrit l’office des sous-diacres qui prennent, comme à Rome, les oblations des mains du peuple et qui présentent à l’autel les calices eucharistiques; — le traité Seanchus Beagh, où nous trouvons indiqués les devoirs des sept ordres ecclésiastiques depuis celui attribué au sous-diacre qui préparait les vêtements de l’autel, qui étendait les linges sur la table sacrée, qui disposait l’eau et le vin pour le sacrifice, jusqu’à celui du diacre qui versait le vin et celui du prêtre qui le consacrait.

Mgr Moran nous montre, d’après un manuscrit du vu® siècle, Patrice et ses compagnons arrivant dans un lieu nommé Dumhagraidh, où il désirait célébrer la messe, n’ayant aucun des instruments du saint sacrifice ; le saint découvrit miraculeusement un autel d’un travail admirable 2, qui portait aux quatre angles quatre calices de verre et qu’il fallut déterrer avec précaution de peur de les briser.

Il serait peu difficile, on le voit, défaire des images de la messe, d’après ces vieux missels, qui en dépeignent tous les actes, en consultant pour les vêtements sacerdotaux les mosaïques contemporaines de saint Venance, de saint Théodore, les miniatures du Cosmas à Rome, etc.

Nous avons hâte de sortir de cette époque barbare, où l’on marche pour ainsi dire à tâtons, dans de véritables ténèbres, pour arriver à l’époque carlovingienne, sur laquelle le génie de Charlemagne fait luire de nouveaux rayons de l’art antique. Ici, sous ce jour brillant, nous distinguons enfin des monuments réels, gardiens certainement fidèles des traditions primitives et qui sont d’autant plus précieux qu’ils nous apparaissent sans aucun voile symbolique. Sous les mystiques images des catacombes et des sarcophages nous avons sans doute montré d’une manière

j 1. Moran, p. 170.

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