CONFITEOR
Emitte lucem tuam, et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt, et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernaculatua.
Et introïbo ad altare Dei : ad Deum qui lætificat juventutem meam.
Confitebor tibi in citharâ, Deus, Deus meus bas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio et nunc et semper et ir
Introïbo ad altare Dei :
Ad Deum qui lætificat juventutem meam.
Adjutorium nostrum in nomine Domini.
Qui fecit cœlum et terram.
Arrivé au bas de l’autel, le célébrant, selon la liturgie romaine, après avoir fait le signe de la croix commence la messe par le psaume : Judica me Deus. Il récite ensuite l’antienne1 : Introïbo ad altare... extraite du psaume Judica. Ce psaume est sans titre dans l’hébreu et dans les Septante. Plusieurs auteurs, notamment Bellarmin pensent, qu’il a été fait par David, lorsque Saül le persécutait.
L’ Introïbo et le psaume Judica se disent à la messe depuis beaucoup plus longtemps que quelques savants ne l’ont cru; V Introïbo se disait dans les églises d’Espagne immédiatement après la Préface, comme on le voit dans le missel mozarabe, qu’on croit être du temps de saint Isidore vers l’an 600; on les trouve depuis plus de huit cents ans marqués dans plusieurs
1 . .Antienne vient du mot grec antiphona qui signifie un chant réciproque et alternatif. Depuis le VIe siècle, on conserve dans l’Eglise grecque et latine la coutume de chanter ou réciter des psaumes alternativement à deux chœurs.
: quare tristis es, anima mea, et quare contur- : salutare vultûs mei, et Deus meus, secula seculorum. Amen.
manuscrits de France, d’Allemagne et d’Angleterre.
Aucun des quinze ordres romains n’en fait mention, mais on le trouve dans plusieurs missels manuscrits qui remontent au ixe siècle.
A Rome, V Introïbo et le Judica sont écrits dans deux sacramentaires du xie siècle. Durand, au xin0 siècle, croyait la coutume de réciter à la messe ce psaume si ancienne qu’il l’attribuait au pape Célestin (422-432).
On ne saurait fixer l’époque à laquelle cette coutume est devenue générale dans la liturgie romaine. Le cardinal Bona suppose le xie siècle. Ce n’est pas avant le pape Pie V (1565-1 572) que la loi de réciter ce psaume devint expresse.
En plusieurs églises le psaume Judica était récité à la sacristie avant de se rendre au pied de l’autel.
A Milan, l’ Introït était appelé ingressa, en Espagne, en Angleterre, officium ou officium missæ. (Smith, Dict. of. christ, antiq., t. I, p. 865.)