CONFITEOR
Le Prêtre dit le Confiteor, et l’on répond :
— Misereatur tui omnipotens Deus, et dimissis peccatis tuis, perducat te ad vitam æternam.
— Amen.
— Confiteor Deo omnipotenti, beatæ Mariæ semper virgini, beato Michaëli archangelo, beato Joanni-Baptistæ, sanctis apostolis Petro et Paulo, omnibus sanctis, et tibi, pater, quia
peccavi nimis, cogitatione, verbo et opéré : meâ culpa, mea culpâ, meâ maximâ culpâ. Ideo precor beatam Mariam semper virginem, beatum Michaëlem archangelum, beatum Joannem- Baptistam, sanctos apostolos Petrum et Paulum, omnes sanctos, et te, pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.
Le Prêtre prie pour les assistants et pour lui-même :
Misereaturvestri omnipotens Deus et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam
æternam.
— Amen.
Indulgentiam, absolutionem et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus.
— Amen.
— Deus, tu conversus vivificabis nos.
— Et plebs tua lætabitur in te.
— Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam.
— Etsalutare tuum da nobis.
— Domine, exaudi orationem meam.
— Et clamor meus ad te veniat.
— Dominus vobiscum.
— Et cum spiritu tuo.
Le prêtre frappe sa poitrine ; rien n’est plus ancien que cette manière d’exprimer la douleur de ses péchés. Le publicain frappait sa poitrine en disant à Dieu : « Ayez pitié de moi, je suis un pécheur. » Ceux qui furent touchés d’avoir consenti à la mort de Jésus-Christ s’en retournèrent frappant leur poitrine, et les chrétiens étaient si accoutumés à se frapper ainsi lorsqu’ils disaient confiteor, qu’en entendant seulement prononcer par saint Augustin, dans un sermon, ces paroles de Jésus-Christ : Confiteor tibi, Pater, toute l’assemblée se frappa la poitrine.
La confession des péchés a toujours précédé le sacrifice aussi bien dans l’ancienne loi que dans la nouvelle. Lorsque le grand-prêtre offrait le bouc émissaire pour les péchés de tout le peuple ; il faisait en même temps la confession générale. On lit plusieurs fois dans Esdras : « Je confesse les péchés du peuple ; ils confesseront leurs péchés. » Les particuliers qui offraient des sacrifices devaient aussi faire leur confession particulière, comme il est aisé de le voir dans les quatre premiers chapitres du Lévitique, et le savant Maimonide nous apprend dans le Traité des Sacrifices de quelle manière se faisait cette confession. Toutes les liturgies supposent la confession et la plupart en marquent les termes. L’Église de
Rome, depuis le commencement du xme siècle, a pris la formule connue, et le concile de Ravenne en 1314 ordonna que dans toutes les églises de province on la lirait uniformément par rapport aux saints qui y sont nommés.
Après le Confiteor, ces paroles Dominus vobiscum, sont en plusieurs endroits de l’Ancien- Testament, et le répons : Et cum spiritu tuo paraît tiré de saint Paul qui faisait ce souhait à Timothée : « Que notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. » Dominus Jésus Chrislus sit cum spiritu tuo. (II Tim., iv, 22.)
Cette formule de confession qui est récitée par le célébrant et les ministres au pied de l’autel ne se trouve point comme partie intégrante de la messe dans les anciens sacramentaires. Le psaume et la confession dont nous parlons y sont considérés comme une préparation que l’on pouvait faire avant d’arriver à l’autel et selon la forme qu’on voulait y employer. Avant le ixe siècle, on ne trouve rien d’écrit à cet égard. Depuis que le saint pape Pie V a inauguré pour toute l’Église occidentale une liturgie uniforme, le Confiteor est récité au pied de l’autel selon la formule.
Le Confiteor est d’une haute antiquité; on peut comme preuve citer des monuments fort anciens.