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274 LES AMOUBS DE MADELEINS
poètes. Mais ce qui m'^nna ce ne fut point qu'il y eût, eu un seul sourire, toutes les grâces, tous les enchaaternentSi tous les paradis ; ce fut qu'il s'y épanouft, si iaflaiment céleste, une candeur de vierge n'ayant pas même de petit Jésus.
Le cœur ravi, je dis :
— Voici qui est tout à fait singulier I H me semble que je vois nu ce pur visage l'innocence même de Madeleine.
Mais j'ajoutai :
— Quelle imagination extravagante I Madeleine est chez elle, avec toutes ses miraculeuses ingénuités, non sans l'espérance d'en perdre quelques-unes ; je suis bien sot de passer ainsi le temps k admirer une peinture.
Et je suivis mon chemin.
LES AMOURS DE MADELEINE Hb
Mais quand j'arrivai chez Madeleine, — la mignonne si femme qu'elle en est unpeafée, — j'eus un grand courroux. Elle ne m'attendaitpas,ellen'étaitpas dans la chère chambre où bien souvent le soleil à travers les persiennes fermées et la lune par les fenêtres ouvertes — car le soleil est un indiscret si brutal, mais la lune est une si tendre regardeuse ! — s'intéressèrent à nos baisers fidèles. Peu patient de ma nature, je n'hésitai pas à rempile du poing les deux vases d'Yeddo qui ornent la cheminée, à défoncer du talon le clavecin qui pleura dou-
loureusement, a crever de Tépaule deux ou trois miroirs de Venise dont la vacuité me rappelait, par son ironique néant, Tabsence de la bien-aimée : et j'en étais à l'écrasement de la troisième figurine de Saxe triturée entre mes rageuses phalanges, lorsque Madeleine poussa la porte,, et apparut, souriante.
Je criai :
— D'où venez-vous, traîtresse ?
— Ah ! dit-elle, ne me grondez point, mon amour. Impatiente de vous voir, je.
n'ai pas su attendre que vous entriez dans cette chambre ; et je suis allée à votre* rencontre.
— A ma rencontre ?
— Eh ! oui.
— Où donc, je vous prie ?
— Un peu partout, dit-elle, et ne m'en veuillez pas si je ne vous ai pas rejoint plus
tôt : car, — encore que je sois fée — il m'a fallu un peu de temps, au retour, pour rassembler les parfums que, tout à Theure, j'avais ajoutés à ceux des fleurs dans la charrette, et la voix que j'avais mise dans le chant de la flûte, et ma candeur mêlée à rinnocence de Madame Marie, derrière la vitrine du marchand de tableaux !