VALEURS SUR DEUX MARCHÉS DH-TÉHENTS
CaiiscK (les vaeialioits des prii. — La monnaie est une marchandise en rapports de voleur avec toutes les autres ; rapports perjiétuellement instables, que le changement provienne du fait lies diverses marchandises ou du fait de la monnaie elle-même. Dans le premier cas, les prix des marchandises adéctées dans leur valeur par une cause qui leur est propre sont seuls modifiés ; dans le second cas, il y a hausse ou baisse dans le niveau général des prix, accentuée pour certaines marchandises, ralentie ou môme intervertie pour d'autres, suivant les causes particulières qui agissent sur chacune d’elles.
Les mouvements des [irix sont si multiples, si inégaux, parfois même si divergents, ils portent sur clés marchandises tellement nombreuses et tellement variées, qu’il est souvent difficile d'apercevoir en eux une tendance générale, une augmentation ou une diminution du poiumir d'achat de la monnaie considéré dans son ensemble. Comment, au milieu de cette confusion et dans cet entrecroisement d’elléts multiples, parvenir à dégager les causes? Comment discerner s’il y a, dans ce tourbillon, une direction d’ensemble imprimée par une cause tenant à la monnaie elle-même? Si l'on constate, par exemple, une baisse de prix générale sur les produits bruts, est-ce la monnaie qui, se trouvant insuffisante, a haussé de valeur, ou les marchandises qui ont baissé par l’elTet d’une surproduction ou de toute autre cause? Il est souvent bien hasardeux de se prononcer dans un sens ou dans l'autre. Cependant, si la baisse se produit sur presque tous les articles, il est alors extrêmement probalile qu’elle tient à une cause inhérente à la monnaie.
DE LA MESURE DE LA VALEUR
Quels sont Jonc les éléments qui innnenl sur la valeur Je la monnaie, sur le rapport Je l’olVre et Je la JemanJe entre elle et les Jiverses marchanJises ? Quelles sont les causes ((ui agissent sur rutililé Je runité monétaire, Jans ses rappoiJs avec rutililé Ouale des autres marchandises? I.’our les déterminer, il l'aul tenir compte, d’une part, des besoins de la circulation, et, d’autre part, des moyens d’y pourv'oir. Il y a donc deux quantités à considérer : celle des valeurs de toutes sortes estimées en argent, qui, dans un temps donné, font l’objet de transactions à réaliser, et celle des agents de la circulation. Parmi ces agents, il faut compter, non seulement la monnaie métallique, mais aussi ses substituts, tous les agents de la circulation fiduciaire, billets do Banque ou d’Btat à découvert, lettres de change, chèques, mandats, coupons d’intérêts, etc., qui circulent de main en main, en éteignant des dettes sur leur passage ; il faut compter aussi les compensations appliquées aux effets à écliéance que centralisent les banquiers. Il y a ainsi, dans nos sociétés modernes, une masse énorme d’affaires qui se règlent sans emploi de numéraire, (juant à la monnaie elle-même, métallique ou fiduciaire, son rôle est plus ou moins actif suivant la rapidité de son cours; une môme quantité de monnaie suffit ù des l'églements de compte plus ou moins considérables, suivant qu’elle roule plus ou moins vite. Voilà donc un grand nombre d’éléments essentiels dans les variations de valeur de la monnaie métallique; sa quantité, celle de ses succédanés, la vitessedeson cours, les moyens de compensation, en face des transactions à e.xécider.
, Les ]>ri.x se trouvant fixés dans un certain état d’équilibre enli’e ces deux masses, si, toutes choses étant égales, les besoins de la circulation viennent à augmenter par un accroissement des transactions, les prix doivent diminuer. Les moyens de circulation restant les mômes, alors que la niasse des valeurs en mouvement augmente, ces valeurs, estimées en monnaie, doivent suliir une réduction. Au contraire, il n’y a pas dépression des prix, et l’équilibre est maintenu, si la proportion reste, la môme entre les besoins accrus de la circulation et les moyens d’y satisfaire : soit que la masse de la monnaie métallique augmente suffisamment, soit que la circulation fiduciaire se développe, soit que le cours de la monnaie devienne plus rapide, soit que les com[)ensations s’étendent à un plus grand nombre d’affaires, soit eidîn que ces diverses causes agissent à la fois. Les prix haussent môme, si elles agissent