‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 10 sur 172 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

tées par la philosophie : les tentatives des esprits dits philosophiques en sont une preuve. Mais ici, comme partout ailleurs, la faiblesse de son intelligence a imposé à l'homme la loi de la division du travail; et c'est ainsi que la philosophie, dégageant des sciences particulières les concepts les plus généraux pour les analyser, les approfondir et les débarrasser des difficultés qu'ils impliquent, s'est constituée comme science distincte. Mais elle ne doit point s'isoler des sciences particulières : « elle naît en elles et avec elles; elle en est une partie inséparable et constitutive ». (Diejenige Philosophie liegt gar nicht ausser dem ubrigen Wissen, sondern sie erzeugt sich mit demselben und in demselben, als dessen unabtrennlicher Bestandtheil '.)

Ainsi entendue, la véritable philosophie se trouve à égale distance d'un étroit empirisme et d'un vain rationalisme. L'empirisme, trop timide, ne fait qu'enregistrer des expériences, et, se contentant de demi-pensées, sans chercher à résoudre les contradictions qu'elles impliquent, demeure inintelligible. Le rationalisme, présomptueux et téméraire, se guidant à la clarté d'une prétendue lumière supérieure, extase, intuition intellectuelle ou raison, perd de vue le donné et bâtit dans les airs un édifice sans fondement. — La véritable philosophie, contrairement à l'empirisme, ne feint point de ne pas voir les problèmes que l'expérience lui pose : elle en fait son objet exclusif, et n'est satisfaite qu'après les avoir entièrement résolus : mais contrairement au rationalisme, elle n'abandonne jamais le sol solide de l'expérience, et s'attache strictement aux conditions du donné *.

Herbart n'est donc point un pur dialecticien, un simple

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