‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 101 sur 172 · Ibid., S 115, S. W., l. VI, p · texte numérisé non relu

Ibid., S 115, S. W., l. VI, p

senlation de quelque chose d'étendu. Un autre critique prétend que sa genèse de retendue implique elle-même l'espace. Mais cette seconde objection qui porte si justement contre tant de doctrines empirisles nous paraît ici beaucoup moins fondée : ce qui est impliqué par la théorie ce n'est point la préexistence de l'espace subjectif, pas même de l'espace objectif, mais seulement la coexistence d'une multiplicité d'êtres simples; et la distinction des points, l'extériorité des parties de l'espace est obtenue uniquement grâce à une certaine discontinuité dans la reproduction des termes successifs d'une série de représentations, discontinuité qui elle-même est due au phénomène de l'arrêt. Quoi qu'il en soit, il ne semble pas impossible de concevoir une construction de l'espace et du temps qui, reposant sur des principes analogues, soit exempte des difficultés que peut présenter celle qui vient d'être exposée *.

Les concepts et les jugements. Les catégories.

Pour Herbart, pas plus que l'espace et le temps, les catégories ne sont des formes a priori. « L'âme est originellement une table absolument rase, sans aucune espèce de vie ou de représentation; par conséquent il n'y a en elle ni concepts primitifs ni prédisposition à les former; mais tous les concepts sans exception sont un produit du temps et de l'expérience V t> Les catégories,

\. Voir Revue philosophique, juillet 1893 : Quelques mois sur le Nativisme et l'Empirisme.

2. Die Seele esl urspriinglicli eino volll<ommene tal)ula rnsa, ohne ailes Lebcn odcr Vorslcllen ; demnach gicbl es lioine ursi>rimgliclie BegrifTe, auch kcine Anlagc da/ii; sondcrn aile HetirilTc siiid elvvas Gcwordcncs (l'si/ch. nls Wiss., .S 120, S. W., l. VI, p. 102).

PSYCHOLOGIE DE IIERBART. 189

les prétendus concepts a priori de Kant, ne sont en réalité que les résultats derniers et les plus éloignés du mécanisme psychique. Par conséquent l'explication de l'origine des catégories présuppose une théorie de la for7 mation des concepts.

Pour Kant, l'universalité est un caractère essentiel des concepts. Pour Ilerbart au contraire il y a des concepts particuliers et individuels aussi bien que des concepts généraux. Ce qui caractérise le concept en effet c'est uniquement l'absence dans la représentation des déterminations particulières de temps et d'espace. Dans l'expérience un homme nous est toujours donné dans des conditions déterminées, dans un certain milieu, vêtu de telle ou telle manière, assis, debout ou couché, etc.; et ces diverses déterminations se retrouvent dans l'image. Supprimez ces déterminations et vous aurez le concept de cet homme, c'est-à-dire un concept particulier, individuel.

Gomment se produit cependant la transformation de l'image en concept? Lorsqu'un objet déjà perçu se présente de nouveau à nous, la représentation nouvelle détermine une reproduction de la représentation primitive, et il se produit une fusion des deux représentations en tant qu'elles sont identiques, car les différences sont soumises à un arrêt réciproque. Lorsque le même objet nous sera donné une troisième, une quatrième fois, les représentations antérieures reparaîtront successivement : il se produira un déroulement d'images ' (Wolbung); mais l'arrêt entre les différences ira sans cesse croissant. Après de nombreuses répétitions de la même perception, le déroulement cessera d'avoir lieu ou du moins ne se

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