‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 105 sur 172 · Psychologie als Wissenschafï, S 122, t. VI, p · texte numérisé non relu

Psychologie als Wissenschafï, S 122, t. VI, p

2. Wir erfordern von uns die Beiseitsetzung der speciflschen DifTerenzen, um das Allgemeine rein zu denken. Die Forderung wird aber niemals in aller Slrenge erfiillt; der psychologische Mechanismus kann sie nichl erfiillen (.4//. Met., $ 320).

3. Das Allgemeine isl nur eine Abbreviatur, zur Bequemlicbkeit, ohne irgend eine eigene Bedeutung {Allg. Met., $ 329).

4. Arislolelessuchle mit grossem Rechte die Kategorien in derSprache {Psych. als Wiss., $ 124, t. VI, p. 176).

à simple litre de curiosité, le tableau qu'il croit devoir substituer à celui de son prédécesseur.

Le concept le plus général est celui de la chose, c'est-àdire du réel, de ce qui est posé (das Ding), auquel s'oppose nécessairement celui de la négation (das Verneinte). De là les deux premières catégories principales. Mais de toute chose on peut demander : 1° qu'est-elle (wos)? 2° comment est-elle (wie)? et de là deux autres catégories principales, celle de la propriété (Eigenschaft) qui comprend à la fois la qualité et la quantité, et celle du rapport (Verhaltniss). Gomme chacune de ces catégories comprend elle-même des catégories subordonnées, on obtient en définitive le tableau suivant :

La chose (Ding).

Le donné (Gegebenes).

Le pensé (Gedachtes).

II m

Propriété (Eigenschaft). Relation (Verhaltniss).

Qualité (Qiialital). Lieu et situation (Ort und Lage).

Quantité déterminée (beslimmle L'image et son objet (Bild und

Quantitat). dessen Gegensland).

Unité (Einheil). Similitude (Aehnlichkeit).

Totalité (Allheil\ Possessionctsonol)jel(Bcsitznng

Le tout et les parties (das Ganze und dessen Gegenstand).

und Theilc). Action et passion (WirUen und

Quantité indéterminée (Unbes- Leiden).

limmte Quanliliil). Tendance (Reizbarkeil).

Pluralité dans le tout (Vielheil Dclcrminalionpcrsonnclle(Sclbsl-

Ganzen). beslininuingl.

Pluralité en dehors du tout

(Vielheil ausser dem Ganzen).

Négation (Verncintcs).

Opposition (Gcgensalz).

Changement (Verftndcrung).

Impossibilité, avec ses opposés

(L'nni()f,'lichkcit nebst ihron

Gegculheilcn).

L'idée du Moi.

Après avoir expliqué l'origine des affections et des volilions, des formes de l'espace et du temps, des concepts et des catégories, Herbart, poursuivant son œuvre de reconstruction métiiodique, retrouve enfin devant lui cette idée même du Moi, d'où il était parti. La question de la genèse de l'idée du Moi qui ne se pose même pas dans les doctrines pour lesquelles le Moi est l'objet d'une intuition immédiate, constitue au contraire un des plus redoutables problèmes que l'empirisme ait à résoudre. Herbart ne se dissimule pas les difficultés de l'entreprise : aussi ne procède-t-il qu'avec la plus extrême circonspection et sans reculer devant des longueurs qui s'imposent. Tout en admettant la parfaite exactitude de la définition de Fichte, il remarque justement que la conception du Moi comme l'identité du sujet et de l'objet est le produit d'une réflexion raffinée et suppose une hauteur d'abstraction à laquelle bien peu d'hommes, même parmi les esprits cultivés, sont capables de s'élever. « La plupart des hommes, disait l'auteur même de la Wissenschaftslehre, seraient plus disposés à se tenir pour un morceau de lave que pour un Moi. » En réalité, pour le vulgaire, le Moi est un tout complexe, dont le corps constitue l'élément essentiel. Les mourants, dans l'expression de leurs dernières volontés, n'ont-ils pas coutume de dire : « Je veux être enterré en tel lieu et de telle manière '? » C'est par un progrès déjà considérable de la pensée que

1. Wiesellen der Mensch sein Ich vom Leibe ganz losreisst, das môgen die haiifigcn Verordnungon auf den Todestall beweisen, w>ilche so laulen : hier und auf dièse Weise will Ich begraben sein {Psych. als Wiss., g 133, l. VI, p. 245).

des philosophes, comme Descartes, sont arrivés à séparer nettement le Moi du corps, et à le considérer comme étant exclusivement le sujet sentant, pensant et voulant; et c'est par un progrès nouveau que faisant abstraction de toute détermination particulière, Fichte s'est élevé du Moi individuel de la philosophie vulgaire au Moi sujet-objet de la Wissenschaftslehre. La synthèse empirique devra nécessairement reproduire dans sa marche progressive ces diverses étapes par lesquelles est passé chronologiquement le concept du Moi.

C'est une remarque fort juste de Kant que l'enfant commence à parler de lui-même à la troisième personne. Pendant un intervalle de temps qui peut être évalué à une année environ depuis le jour où il a appris à bégayer ses premiers mots, il ne dit pas : « je veux manger; je veux marcher » ; mais « Charles veut manger; Charles veut marcher ». Puis, comme si une lumière se faisait soudain dans son esprit, il commence à employer le « Je », et dès lors ne revient plus jamais à sa manière primitive de s'exprimer. Kant en conclut que tout d'abord l'enfant « se sent lui-même » que plus tard seulement « il se pense ». — « Vorher fiihlte es bloss sich selbst; jetzt denkt es sichselbst'. » Herbart, qui cite ce passage, ne peut pas admettre la distinction établie par Kant entre « se sentir » soi-même et « se penser » ; mais il retient le fait constaté par son prédécesseur, fait parfaitement exact d'ailleurs, et qui peut servir en effet à expliquer l'origine obscure de l'idée du Moi, surtout si l'on lui adjoint cette remarque que le mot même de vouloir ne trouve pas d'abord sa place dans la façon dont l'enfant s'exprime. Une petite fille de dix-huit mois disait simplement « Didith coud; Didith écrit » et non pas

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