‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 124 sur 172 · Psych., ali Wiss., S 18, S. W., t. V, p · texte numérisé non relu

Psych., ali Wiss., S 18, S. W., t. V, p

la cime du Moi, il prit pour base l'expérience tout entière *. Il chercha alors à généraliser la méthode qu'il avait primitivement employée pour résoudre les contradictions contenues dans le iMoi, découvrit ainsi son importante méthode des rapports, et conçut la métaphysique comme la science qui a pour objet de découvrir et de résoudre les conlradiclions impliquées dans les concepts fournis par l'expérience. Les idées directrices de sa métaphysique comme de sa psychologie étaient dès lors trouvées; sa doctrine était constituée : il n'avait plus qu'à poursuivre les conséquences de ses principes et à en développer les applications.

Ainsi c'est de Wolffet de Fichte que Herbart est parti : ce sont eux qui ont mis en mouvement sa pensée et présidé à ses premiers travaux. Mais plus tard il remonta de Wolff à Leibniz, de Fichte à Kant et comprit toute la supériorité des maîtres sur les disciples. Il vit bien que l'esprit clair mais superficiel de Wolff avait méconnu le côté profond de la Monadologie, qu'il avait altéré et dénaturé la pensée de Leibniz : aussi est-ce de Leibniz et non pas de Wolff qu'il rapproche sa propre doctrine. Il vit bien que Fichte avait développo trop exclusivement certains germes de la philosophie Kantienne, « qu'il s'était mû dans un cercle trop étroit et avait méconnu la nature ' ». Aussi est-ce Kant et non pas Fichte qu'il a toujours en vue, qui constitue l'objet de sa constante préoccupation. C'est Kant qu'il cite en toute occasion; c'est à Kant qu'il en revient sans cesse, pour le louer ou pour le blâmer, pour l'approuver ou pour le com-

1. • Icli Hlcho nirlil aiif (1er oiii/.igen Spil/c des Ich; sondera mcinc Bâtis est so hrcil wic die Kcsaiiinitc (<>ruliriing • (Psy. als W. Préface, 8. W., l. V, p. lUG).

2. Fichle'H (îesichlkreis warzu bcschrttnkl; er Kannledie Naliir nicht (Einicil. S lîi:», P- 2Î1»)-

battre. Il déclare lui-même qu'avant démettre la dernière main au second volume de sa Psychologie comme science y il a relu attentivement la Critique de la Raison pure, qu'il a suivie pas à pas ', tant il est persuadé de l'importance capitale de cette œuvre qu'il ne cesse d'admirer, alors même qu'il en discute les théories et en dévoile les erreurs. Kant est pour lui un des plus grands penseurs de tous les temps, grand jusque dans ses fautes. « Il n'appartient point au passé; son œuvre est toujours actuelle; la lecture de ses écrits est plus indispensable à ceux qui veulent étudier la philosophie, que celle de Platon ou de Spinoza, plus indispensable même que celle des plus anciens et des meilleurs ouvrages de Fichte*. » Il voit bien que la Critique de la Raison pure marque une révolution dans l'histoire de la philosophie, une révolution féconde en hommes et en idées; qu'elle a été le point de départ d'une nouvelle manière de penser; et rompant les liens qui cependant le rattachaient par tant de points à la philosophie antérieure, il n'hésite pas à se déclarer Kantien '. Dans quelle mesure cette affirmation peut-elle se justifier? C'est ce que nous proposons d'examiner dans l'étude qui va suivre.

1. Psych. nls Wiss. Préf. du second volume, S. W., l. VI, p. 14.

2. Seine Schriften gehôren noch heule zur gegenwârligen Philosophie. Das Sludium derselben muss diejenigen welche sich auf Philosophie legen woilen, noch nôthiger und anhaltender beschâfligen als Spinoza und Platon; ja selbsl mehr als die ftlteren und besseren Schriften Fichle's [Einleit., § 150, p. 260).

3. Der Verfasser ist Kantianer, wenn auch nur vom Jahre 1828, und nichl aus den Zeiten der Kategorien und der Krilik der Urtheilskraft (Allg. Met., Vorrede I, p. 65).

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