Kant, Krit. der Reinen Vernunfl
234 IIERBART ET KANT,
la possibilité de la science et celle de la moralité, sans édifier l'une et l'autre sur les ruines de la métaphysique.
Cependant les conclusions formelles de la Critique de la Raison pure n'en subsistent pas moins : quel que soit d'ailleurs le but que Kant s'est proposé et en admettant la possibilité d'y arriver par une autre voie, toujours estil qu'il croit avoir démontré chemin faisant la vanité de toute métaphysique fondée sur des principes purement spéculatifs. Mais pour Herbart, cette démonstration reste à faire. En fait la Critique a eu pour résultat non pas de décourager, mais au contraire de stimuler Fardeur métaphysique (da erwachte die Metaphysik anslatt einzuschlafcn) '. A la bien comprendre elle a été une œuvre de réforme et non pas de destruction. Elle a tué la métaphysique telle qu'on l'entendait auparavant, mais non pas la métaphysique *. Celle-ci n'a reçu aucune atteinte dans une lutte où elle n'est pas même entrée en lice. C'est que Herbart, pour qui la Dialectique transcendanlaleest la partie essentielle delà Critique de la Raison pure comme celle-ci est l'œuvre maîtresse de Kant, n'a guère en vue que la critique pénétrante et décisive des arguments par lesquels l'ancienne métaphysique prétendait prouver la liberté, l'immortalité de l'àme et l'existence de Dieu. Il semble oublier ici les conclusions de l'Analytique et les affirmations réitérées de l'auteur qui déclare expressément que « par critique de la Raison pure, il n'entend point une critique des livres ou des systèmes, mais bien de la faculté même de connaître ^ ».
Mais ailleurs envisageant de face cette prétention même de soumettre la raison à une critique préalable, il