Ibid., p
qui se. sont succédé depuis l'origine de l'humanité. « En chacun de nous, dit Herbart, revit le passé tout entier» (injedem von unsliegldieganzeVergangenheit*), non pas qu'il admette les théories évolutionnistes dont il avait cependant connaissance, mais parce qu'à l'exemple de Pascal, il considère l'humanité comme un même homme qui progresse toujours, chaque âge transmettant à l'âge suivant le résultat du travail continu de la pensée en même temps que le trésor de la langue (Sprachschatz).
C'est donc une entreprise insensée de vouloir fonder toute la philosophie sur la description préalable d'une région mal déterminée et sans cesse en voie de transformation. Cette critique de notre faculté de connaître que les kantiens tentent témérairement dans le préjugé où ils sont que les lois de la pensée gisent en quelque sorte à la surface de l'esprit *, est en réalité plus difficile que la métaphysique elle-même ^ C'est justement le contraire de ce qu'affirmait Kant, qui, tout en reconnaissant ce que son entreprise pouvait avoir en apparence de présomptueux, déclarait ses prétentions « beaucoup plus modestes que celles de tous ces auteurs de programmes sans nombre qui s'annoncent comme devant démontrer la' spiritualité de l'âme ou la nécessité d'un commencement du monde* ».
Mais c'est que la métaphysique n'est plus pour Herbart ce qu'elle était pour les métaphysiciens antérieurs : elle ne prétend plus à une connaissance immédiate et adéquate de l'Absolu; elle n'invoque plus cette raison dont Kant avait voulu faire la critique; elle reconnaît les
1. Lchrbvck zur Einlmlunq in die Philosophie, $ ISO, p. ;102.
2. • In (iem VorurUicil, dio (Jesclze iinil Formen des Vorslellcns iiiid DcnkcuH U\i^n\ iiiif dur Obcrniiclic, wicglc sich allgcmcin der Kantianismiis (Allr/. Met., 1, p. WS).
.1. Einleit'., S 14«. Anm., p. 2Rf).